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MERE DE L’UNIVERS !


Mère de l'univers !
Ton vent natal d’Albanie
Voyage désormais dans la lumière
A la croisée de nos solitudes.
Ton vent vertical de béatitude
Souffle sur la plaine
A l'effigie de nos ivresses muettes,
Et ton rire chuchoté
Qui transporte les montagnes
De nos libertés confisquées
Par des cris sataniques,
Nés sur le socle affolé
De nos multiples intolérances !

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 Ismail Kadaré
 Colloque International



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POST - SCRIPTUM
SUR LA DICTATUR
E

Un essai - document écrit par Vasil Qesari qui raconte l'Albanie totalitaire
( PDF en langue albanaise )

( Një libër mbi totalitarizmin
në ish-Shqiperinë staliniste.
 
Klikoni për ta lexuar )

 

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  44 JOUR TELEBLEU

Ce livre de l'auteur Vasil Qesari, publié en Albanie en mars 2000  et présenté au Salon International du Livre à Paris, raconte l'histoire d'un journaliste albanais, engagé dans un combat pour la liberté et l'indépendance de la presse et de l'information publique dans un pays, connu pour son fanatisme idéologique et le dogmatisme stalinien ( Le livre est en format PDF en langue albanaise ).

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Qeparo est le plus beau village de la riviera albanaise. Là sont nés mes ancêtres, là se trouvent les ruines de la maison de mes parents. J' y ai passé les années de mon enfance. Là-bas j’ai découvert pour la première fois la magie de la mer, la beauté des couchers de soleil, le vent du sud plein d’arômes iodés, ainsi que le vent d'hiver, rempli de la fraîcheur des montagnes ..
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VLORA  

Vlora est ma ville natale. Je suis né là, à l’aube d’un jour de novembre, "tombant" sur les mains de une sage-femme italienne. La ville, actuellement a plus de 100.000 habitants et se situe dans la partie du sud-ouest d'Albanie, sur la côte de l'Adriatique...( Clic sur image ! ) 

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LA RIVIERA


La riviera albanaise est la plus belle zone touristique en Albanie. Elle s’étend sur une longueur de 100 km le long du littoral, entre la baie de Vlora et le point méridional le plus extrême de la côte, aux confins avec la Grèce ...

 

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ALBUM DE MES PHOTOS

"LE MONDE ALBANAIS" ( "Bota Shqiptare" )

Lundi 8 mai 2006 1 08 /05 /Mai /2006 21:29

                             

 

Photo de Simbad Detari

Tourisme culturel et de découverte :

le potentiel méconnu de l’Albanie

Traduit par Mandi Gueguen

 - Le tourisme culturel, d’aventure ou l’écotourisme sont des secteursen pleine croissance du tourisme mondial : en la matière, l’Albanie a beaucoup d’atouts à jouer, mais le pays est encore trop méconnu par les opérateurs du tourisme mondial. Le ministère du Tourisme décrète la mobilisation générale pour faire connaître le pays -

Par Fatos Coçoli

Le ministre du Tourisme albanais a rencontré à Berlin le secrétaire général de l’Organisation Mondiale du Tourisme, qui est le "FMI" de l’industrie touristique. Présente pratiquement dans tous les pays du monde, cette organisation aide le développement du tourisme durable. Elle présente des projets et prodigue des conseils pour le développement des zones touristiques dans l’intérêt aussi de tous les citoyens et non seulement à une caste d’entrepreneurs. Grace à son aide, la Croatie a vu le nombre de touristes quadrupler en l’espace de trois ans. L’Albanie a beaucoup à profiter de cette structure des Nations Unies. L’initiative du ministre albanais est donc louable, en espérant que ses idées pour attirer les investisseurs étrangers et albanais seront soutenues par les autres ministères (comme celui des Transports et de l’Aménagement du Territoire, ou le ministère des Finances).

Le tourisme devrait aussi bénéficier de l’exonération des taxes, comme c’est le cas de l’apport en capital des émigrants qui atteint 800 millions d’euros par an. La Croatie a appliqué l’exonération de la TVA sur le tourisme et en a vu tout de suite les bénéfices. C’est ce que nous devrions faire aussi. Cette année le tourisme pourrait bien apporter 200 millions d’euros en plus. Mais comment pourrait-on réaliser cela ? Le ministère du Tourisme a un programme ambitieux qui mérite d’être soutenu. Il tente de mettre en place les infrastructures nécessaires pour le développement du tourisme culturel ou fondé sur l’environnement ou nos traditions ancestrales. Le tourisme culturel, d’aventure ou l’écotourisme sont des secteurs en pleine croissance du tourisme mondial, qui augmentent de 15 à 20 % par an. Ils représentent plus du quart du marché mondial du tourisme. Pourquoi ne pas faire venir aussi cet argent en Albanie ? Pour cette raison, le stand albanais à la Foire Internationale du Tourisme à Berlin du 8 au 11 mars 2006, la plus grande au monde, portait la banderole: "L’Albanie, le dernier secret à découvrir en Europe" .

Faire connaitre l’Albanie

D’un autre côté, la connaissance du potentiel touristique albanais dans les agences de tourisme international n’est pas encore suffisante. Il ne suffit pas d’avoir une bonne présentation dans les Foires, il faut aussi faire connaître l’Albanie directement chez la" population "des touristes directement. Un moyen direct et efficace restent les guides touristiques. L’objectif du ministre du Tourisme albanais est que chaque ville ait son guide touristique jusqu’à la fin du mois d’avril. Un guide général pour l’Albanie sera disponible à la fin du mois de mars, ainsi qu’un guide des monuments culturels albanais. Un album « L’Albanie vue du ciel » est en préparation ainsi qu’une exposition du même nom qui voyagera aussi bien dans les villes albanaises, kosovares, macédoniennes et d’autres pays des Balkans et même au-delà.

Le ministère du Tourisme envisage d’organiser la première Foire Internationale Touristique de Tirana. Ce sera un défi, premier du genre, de se plonger dans le commerce du tourisme en Albanie, qui concernera directement les plages, les hôtels et les centres touristiques montagnards du pays. Cela influencera l’amélioration de la qualité du service touristique albanais. Pour cela, le ministère présentera bientôt à tous les secteurs touristiques albanais le Code Global de l’Ethique de l’Organisation Mondiale du Tourisme. L’idée est de faire de ce code de conduite et de professionnalisme une référence du service touristique. Le PNUD et l’Organisation Mondiale du Tourisme ont mis 250 mille euros à disposition du Ministère du Tourisme, pour la formation des travailleurs de l’infrastructure touristique. 50 mille euros ont en plus été prévus pour moderniser la législation touristique albanaise, plan envisagé dans la collaboration de l’OMT et l’Organisation Hollandaise pour le Développement.

Les Italiens, à travers la structure Coopération Italienne ont offert 900 000 euros pour aider au développement du tourisme albanais. Les standards du service auxquels sont habitués par les touristes internationaux, ne pourront être atteints qu’en appliquant les conseils, les projets et les orientations des structures professionnelles internationales du tourisme. C’est ce qu’est en train de tenter le ministre albanais et ses collaborateurs. Cela vaut la peine que tous - médias, société civile, opposition et majorité - soutiennent cette action. Car c’est ainsi que l’on aidera les Albanais du Nord ou du Sud à savoir accueillir les touristes dans nos montagnes ou sur nos plages.

 

Photo de Simbad Detari

 

Jeudi 4 mai 2006 4 04 /05 /Mai /2006 09:53

 L’Albanie est en Europe 

 - Pendant son séjour aux Etats-Unis, le célèbre écrivain albanais Ismail Kadaré s’engage pour l’indépendance du Kosovo et l’entrée des Albanais dans l’Europe. L’indépendance du Kosovo renforcerait la présence albanaise dans les Balkans. Il a affirmé que la place de la nation albanaise est en l’Europe non à l’Est. L’écrivain tenait à l’Institut Harriman à New York, une conférence sur les relations entre la littérature et la tyrannie -

Interview donnée à "Voice of America"

Voice of America : C’est une année importante pour le Kosovo, dont le statut sera bientôt décidé. Il semblerait qu’un nouvel état sera ainsi créé dans les Balkans. Qu’apporterait dans l’inconscient albanais commun la création de ce nouvel état ?

Ismail Kadaré : Il semblerait que ce sera le cas. Les Balkans se retrouveront avec deux Etats albanais. Pour beaucoup cela semble étrange et inacceptable. Mais il était encore plus inacceptable et scandaleux de voir la moitié de la nation albanaise dans une situation de colonie. Les autres solutions sont toutes logiques. Il ne faudrait pas oublier que jadis, au temps de l’Empire Ottoman, on parlait de quatre Albanie ou quatre départements (vilayet en turc). Le monde connaît différents cas de figures de nations qui constituent plusieurs pays. Si ce sera le cas pour l’Albanie, je n’y vois aucun mal, bien au contraire cela renforcera la présence albanaise dans les Balkans. Je ne dis pas qu’il nous faut être puissant pour prendre la place d’un autre pays ou avoir des velléités d’extension. Absolument pas. La nation albanaise trouvera sa place naturelle. Peu importe que ce soit dans un espace unique ou dans deux espaces distincts. Ce qui importe en revanche, c’est que la nation albanaise soit en train d’entrer en Europe, dans ses proportions réelles et non pas démembrée comme elle l’a été jusque là.

Ces derniers temps vous avez exprimé une certaine sensibilité sur le fait qu’une partie des Albanais tendent à se tourner vers l’Est plutôt que vers l’Ouest, que vous considérez comme leur place naturelle. Pourquoi cette préoccupation ?

Ismail Kadaré : Il s’agit plutôt d’un malentendu, car si on explique bien aux Albanais ce que sont l’Est et l’Ouest et la raison de leur appartenance à ce dernier, ils n’hésiteraient plus. Naturellement, il y a toujours des groupes qui vont à contre-courant, mais je pense que la place des Albanais en Europe est objectivement naturelle et n’est pas le fruit d’une propagande, d’une stratégie ou d’une invention. Il n’y a pas d’autre continent possible pour les Albanais que l’Europe. Certains invoquent les éléments orientaux qui nous caractérisent aussi. Or c’est le cas de plusieurs autres pays, comme l’Espagne par exemple, marquée par le monde arabo-musulman dans divers domaines socioculturels suite à une longue cohabitation. Personne n’a jamais mis en doute l’appartenance de l’Espagne à l’Europe. Il en est de même pour nous qui sommes plus éloignés de l’Est que certains autres pays. Par conséquent, il est inutile de se poser autant de questions sur notre place.

Ces derniers temps, l’Albanie connaît de plus en plus de tensions inter-religieuses. Alors l’idée de cohabitation harmonieuse des religions en Albanie, ne serait-elle désormais qu’une simple formule pour faire bonne figure à l’étranger ?

Ismail Kadare : Je ne crois pas que cela ait été une formule créée par la propagande socialiste pour faire bonne figure. Ce phénomène de cohabitation pacifique était réel, autrement l’Albanie se serait désintégrée depuis bien longtemps, l’appartenance religieuse avait organisé la population. Les Albanais en étaient fiers à juste titre, d’autant plus que, de caractère plutôt querelleur, ils ne se sont pas servis de la religion comme d’un prétexte de séparation. Cela n’a jamais eu lieu et n’arrivera pas maintenant. Naturellement, la liberté fait apparaître des problèmes que la dictature cachait. Les problèmes des Albanais à l’époque du communisme albanais et du communisme serbe, pour l’autre moitié d’entre eux, étaient différents, les problèmes religieux étaient relégués au deuxième plan, il n’y a pourtant pas lieu de les raviver. Cette expérience de cohabitation religieuse harmonieuse a été fort utile pour la nation albanaise, et il faut l’entretenir et la nourrir.

Est-ce vraiment important pour les Albanais de chercher une identité ethnique ou religieuse à l’heure où la globalisation est devenue un maître-mot ? Que faut-il faire, oublier ou préserver de cette identité ?

Ismail Kadare : Je pense que l’identité albanaise ne va absolument pas à l’encontre de ce qu’on appelle l’identité européenne. L’Europe est caractérisée depuis ses fondements par une union de nations et non par leur effacement. Il n’y a pas d’Europe abstraite, générale. Il n’y a pas d’Europe telle que la prônait la doctrine communiste "Communistes en premier et soviétiques, lituaniens, géorgiens ou arméniens ensuite", comme on disait dans les nations de l’Union Soviétique. Non, l’Europe se construit comme une Europe des nations et non pas par l’effacement des identités. Par conséquent, l’identité albanaise en tant qu’identité fondamentale dans les Balkans est tout aussi puissante que les identités grecque ou slave du sud, on n’a pas à s’en inquiéter. Nous ferons ainsi partie de la mosaïque européenne constituée des apports de chaque pays membre : les identités des pays scandinaves au nord, d’autres au centre, d’autres à l’Ouest et d’autres à l’Est. Peut être les pays occidentaux n’ont pas toujours été magnanimes envers les Albanais, je parle des grandes difficultés que ces derniers rencontrent toujours pour voyager à l’Occident. Il semblerait que les Occidentaux dédaignent quelque peu la pauvreté des Albanais. Mais à qui la faute ? La difficulté de se rendre en Occident n’est pas l’apanage des Albanais, c’est vrai aussi pour un certain nombre de pays. Mais ces dernières années, cela est allé un peu trop loin pour les Albanais. J’en ai parlé à plusieurs reprises, l’Albanie doit prendre des mesures pour contrer le racisme anti-albanais. Chaque nation européenne doit tirer la sonnette d’alarme lorsqu’elle constate des signes de racismes, toujours injustes. Je le répète, nous devons nous soucier des injustices que subit notre peuple, car cela peut aussi se transformer en raciste ou faire naître des violences.

A l’Institut Harriman à New York vous avec parlé des relations entre la littérature et la tyrannie. Alors que l’Albanie s’est débarrassée de la dictature, comment les Albanais exploitent-ils la liberté acquise dans la culture et l’art ?

Ismail Kadare : La littérature est peut-être bien la dernière à tirer profit de la liberté. La littérature s’est habituée à vivre aussi bien dans la liberté qu’en son absence, donc, elle ne profite pas immédiatement de son retour, c’est plutôt à long terme que cela se fait. La vie sociale albanaise en bénéficiera certainement, d’ailleurs elle cela se voit déjà. L’art vient en dernier, car son rythme temporel est différent, son développement aussi, c’est la raison de la longévité de l’art et de la littérature, qui parviennent très lentement à leur maturité.

 

         Photo de Vlora - par  Simbad Detari

© Simbad

Mercredi 3 mai 2006 3 03 /05 /Mai /2006 16:20

       

 

 

                                              Anri Sala "Three Minutes" (2004)

    "LONG SARROW"

    L’EPURE

    BERLINOISE

    DU

    VIDEASTE

   ANRI SALA

 

 

... Une fenêtre à bascule encadre une boule de fleurs. C'est cette étrange image, portée par une mélodie free jazz, qui ouvre le dernier film d'Anri Sala, "Long Sorrow" (2005). On devine, au loin, un grand ensemble quelconque. Est-ce l'horizon de Tirana, en Albanie, où est né le jeune vidéaste? Ou la banlieue de Paris, où il a longtemps vécu? Non,cette triste ville qui se dessine au loin, c'est Berlin, où l'artiste puise aujourd'hui son inspiration. Plus exactement, un immeuble célèbre pour ses 1800 mètres de long;ses habitants l'ont baptisé"Lange Jammer"("longue désolation"). Mais peu importe le lieu. Dès les premières secondes, une image générique se dégage: celle de la fin des utopies, urbaines, sociales ou politiques. Dans ses films, Anri Sala leur a souvent donné corps : l'oeuvre qui l'a révélé,"Intervista", le montre confrontant sa mère à ce passé qu'elle voudrait oublier, à travers un film d'archives où on la voit, jeune militante, aux côtés du dictateur Enver Hoxha. "Dammi i colori", qui a confirmé son talent, consiste en une errance dans la capitale albanaise, qu'un maire artiste se targua un jour de peindre de mille couleurs, sans pouvoir cacher le désarroi de ses habitants.

Mais Anri Sala ne construit jamais de grandiloquentes démonstrations ; il s'attache plutôt à des détails qu'il fait respirer de sous-entendus. "Ce qui m'intéresse surtout, résume-t-il, c'est la mise en scène du rien, car il est vide de toutes pensées préparées. Remettre à zéro, pour construire." Témoin, ce panneau publicitaire vierge et rutilant qu'il filme longuement en train de refléter un violent soleil couchant. Ou cette très courte vidéo, également présentée à la galerie Crousel, qui s'attache à la palpitation de la lumière dans l'ombre d'une fenêtre (Window Drawing, 2006).Une fenêtre à bascule encadre une boule de fleurs. C'est cette étrange image, portée par une mélodie free jazz, qui ouvre le dernier film d'Anri Sala, "Long Sorrow" (2005). On devine, au loin, un grand ensemble quelconque. Est-ce l'horizon de Tirana, en Albanie, où est né le jeune vidéaste? Ou la banlieue de Paris, où il a longtemps vécu? Non,cette triste ville qui se dessine au loin, c'est Berlin, où l'artiste puise aujourd'hui son inspiration. Plus exactement, un immeuble célèbre pour ses 1800 mètres de long;ses habitants l'ont baptisé"Lange Jammer"("longue désolation"). Mais peu importe le lieu. Dès les premières secondes, une image générique se dégage: celle de la fin des utopies, urbaines, sociales ou politiques.

 

 

Son film "Long Sorrow" joue de davantage de sophistication. En un lent plan-séquence, la caméra s'approche de cette mystérieuse boule de fleurs : une tête, en fait, dont les dreadlocks se mêlent à la bizarre couronne végétale. La tête du saxophoniste new-yorkais Jemeel Moondoc.Il est comme suspendu à la façade de l'immeuble et perdu dans une longue improvisation : les sons de la ville, étouffés, l'inspirent, et il semble leur répondre.De ses harmonies et dissonances, il bouleverse le net ordonnancement des bâtiments alentour. Puis, peu à peu, la caméra s'approchant, son visage devient noir paysage. Bouche en lutte avec la hampe, joues grimaçantes, regard révulsé parfois, et la mélodie comme une douleur. Seuls les derniers instants offrent une réconciliation possible : quand se révèle, en contrebas, un épais jardin qui répond enfin aux fleurs dans les cheveux du musicien.

( Anri Sala, galerie Chantal Crousel, 10, rue Charlot, Paris-3e. Tél.: 01-42-77-38-87. Du mardi au samedi, de 11 heures à 13 heures et de 14 heures à 19 heures. Jusqu'au 3 juin. Sur Internet : www.crousel.com )

BIOGRAPHIE

Né en 1975 à Tirana. Après avoir obtenu son diplôme en Albanie, Anri Sala a poursuivi des études à l’École nationale des arts décoratifs de Paris (section vidéo) puis au Fresnay. Albanais d'origine et vivant en France depuis 1996, Anri Sala interroge dans ses vidéos son identité et ressuscite la mémoire de son pays tout en transcendant sa propre histoire. Anri Sala fait partie de cette génération d'artistes qui a pris conscience du rôle et de la fonction de l'image dans le monde contemporain, aussi bien dans son efficacité politique que poétique. Pendant ses études il a réalisé "Intervista", un film qui a reçu de nombreux prix internationaux. Son travail a été sélectionné lors de nombreux festivals, ainsi qu’à la Biennale de Venise en 1999, dans le pavillon albanais, à l’exposition "After the wall" à Stockholm, à "Manifesta 3" (2000) à Ljubiana, à "Voilà" au Musée d’art moderne de la Ville de Paris (2000).Son travail emprunte aux différents registres du cinéma: cinéma du réel, documentaire, performance, fiction.

Cinéma du réel pour "Intervista"(1998).À la faveur d’un déménagement, A.Sala découvre un vieux film de propagande sur l’Albanie de la fin des années soixante-dix dans lequel sa mère est interviewée, mais dont le son a été perdu. À partir de là, il part à la recherche du son et des paroles tues, cachées ; il réinterroge les protagonistes du film, anciens militants ou résistants au régime, tente dans une école de sourds-muets de retranscrire la parole perdue pour la confronter à ses souvenirs, redécouvre son passé et son histoire, et prend conscience des transformations politiques et sociales de son pays natal. Quête fondatrice à la fois mythologique et psychanalytique, et prise de conscience de la différence entre passé, souvenir et mémoire. Documentaire pour"Nocturne" où s’entrecroisent deux "portraits". Le premier présente un adulte coupé de la réalité et immergé dans sa passion pour les poissons; le second, un presque encore adolescent qui raconte, comme une confession, son expérience précoce de casque bleu dans les Balkans.

À l’intériorité du premier, filmé en plan large, devrait correspondre l’extériorité, filmé en plan serré sur les mains du second, si ce n’est que l’un et l’autre se révèlent plus complexes. La violence et la dureté de la vie sociale des poissons est analogique à celle du réel extérieur;la dépendance à une passion, une angoisse permanente. Le récit de l’adolescent ressemble au départ à celui d’un délinquant meurtrier type jusqu’à ce que l’on comprenne qu’il est un soldat de la "paix" d’une étonnante maturité quant à son rôle et sa mission ambiguë. Le film s’achève sur deux solitudes noires et profondes, étranges reflets de notre réel contemporain. Affronter les clichés; faire parler les images.

VOYAGE VERS ...

Simbad en voyage

 

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HISTOIRES DE MER


Les histoires de mer ont parcouru le temps. Nous savons bien peu dechose des premiers navigateurs mais la Bible n’est pas avare de récits. Arche de Noë, Jonas, ouverture de la mer Rouge pour laisser passer les Hébreux. Dans l’Odyssée, si Ulysse met tant de temps pour regagner Ithaque après la guerre de Troie, c’est qu’il est très largement victime des pièges que lui tend Poséidon ...

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MILLE ET UNE NUITS


Simbad le marin est l'une des parties des Mille et Une Nuits, vaste recueil de contes élaboré par des générations d'auteurs entre le VIIIe e XIIe siècle. D'origine persane, ces contes se sont enrichis, par la suite, de nombreux apports arabes. Un palais magnifique, une gracieuse mélodie, des parfums enivrants ...

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VOYAGES DE SIMBAD


Toujours à la recherche d'aventures, Simbad reprend la mer et, comme à l'habitude, son navire s'échoue. Les sauvages nus avec lesquels il se retrouve leur donnent à manger une plante qui leur enlève toute volonté ...

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REVES ET FANTASMES


Dans le monde occidental en revanche, Les Mille et Une nuits suscitent un incroyable engouement dès leur traduction, nourrissant les rêves et fantasmes des Occidentaux sur l’Orient et stimulant l’imagination des peintres. C’est Antoine Galland qui réalisa, à partir d’une copie arabe, la première traduction en français (1704)
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 VOYAGER

"Lorsque tu voyages, tu fais une expérience très pratique de l'acte de renaissance. Tu te trouves devant des situations complètement nouvelles, le jour passe plus lentement et, la plupart du temps, tu ne comprends pas la langue que parlent les gens. Exactement comme un enfant qui vient de sortir du ventre de sa mère. Dans ces conditions, tu te mets à accorder beaucoup plus d'importance à ce qui t'entour parce que ta survie en dépend. Tu deviens plus accessible aux gens car ils pourront t'aider dans des situations difficiles"(Paolo Coelho) ...  

 

" Il s’appelle Simbad le Marin et possède une caverne pleine d’or "
( Alexander Dumas "Le Comte de Monte-Cristo" )


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