.
NOUS DORMIRONS ENSEMBLE
Que ce soit dimanche ou lundi
Soir ou matin minuit midi
Dans l'enfer ou le paradis
Les amours aux amours ressemblent
C'était hier que je t'ai dit
Nous dormirons ensemble
C'était hier et c'est demain
Je n'ai plus que toi de chemin
J'ai mis mon coeur entre tes mains
Avec le tien comme il va l'amble
Tout ce qu'il a de temps humain
Nous dormirons ensemble
Mon amour ce qui fut sera
Le ciel est sur nous comme un drap
J'ai refermé sur toi mes bras
Et tant je t'aime que j'en tremble
Aussi longtemps que tu voudras
Nous dormirons ensemble
LES MILLE ET UNE NUITS
Les Mille et Une Nuits sont un recueil de contes arabes d'inspiration persane (arabe : كتاب ألف ليلة وليلة Kitāb 'Alf Layla wa-Layla, هزار و یک شب Hezār-o Yak Šab en persan). Elles constituent probablement le pan de la littérature arabe qui est le mieux ancré dans l’imaginaire collectif du monde occidental. Tous les petits enfants sont très tôt initiés aux contes d’Aladin et la lampe merveilleuse, d’Ali Baba et les quarante voleurs ou de Sindbad le Marin. Ce recueil littéraire porte donc souvent une connotation juvénile. Mais les Nuits sont-elles réellement des contes pour enfants? Certes, quelques personnes ont exploité les thèmes à caractère érotique présents dans les contes originaux, et rendus publics par Sir Richard Burton, pour produire des dérivés littéraires ou cinématographiques orientés sur cet aspect érotique. Mais les Mille et Une Nuits sont en fait bien plus qu’un livre de divertissement pour enfants ou d’ébats voluptueux. L’analyse qui suit montrera que c’est en réalité une œuvre dynamique aux origines mouvementées, témoin culturel de siècles passés, véhicule d’une mythologie et de croyances propres à l’Orient, émergeant surtout du monde arabe. La forme même des Nuits possède un caractère qui les différencie des contes classiques, ce qui ajoute à l’originalité de l’œuvre. La lecture de ces histoires fait ressortir des personnages qui prennent vie autour de thèmes récurrents et qui, concentrés au Proche et Moyen-Orient, étendent parfois leurs péripéties jusqu’aux confins de l’Inde ou de la Chine. Une considération plus détaillée de cet ouvrage, somme toute mal connu, s’impose donc afin de mettre en relief la véritable richesse des contes des Mille et Une Nuits.

Les Mille et Une Nuits. Manuscrit syrien du XIVe siècle. Bibliothèque nationale de France.
De nombreuses recherches ont
été faites pour déterminer l’origine exacte des contes. Cette complexité s’explique par le fait que les ouvrages écrits en arabe, les manuscrits, n’ont été retrouvés que partiellement et
qu’ils ont eux-mêmes diverses sources. Toutefois, un écrit arabe ancien, le Kitab al-Fihrist rédigé en l’an 987, relate l’existence d’un volume persan racontant l’histoire de Shahrâzâd et
intitulé le Hezar Efsane (Les Milles Contes) dont nulle trace n’existe. De plus, les noms de Shahrâzâd (Shéhérazade en français) et Shâhriyâr (le roi qui a épousé Shahrâzâd et qui la menace
de mort) sont des noms persans. On retrouve d’ailleurs dans ces noms le préfixe "Shah" qui signifie Roi. Mais d’autres éléments témoignent par ailleurs d’une origine indienne
remontant aussi loin qu’au IIIe siècle. Ainsi, les métamorphoses en animaux, les génies demi-dieux faisant référence au polythéisme hindou et le fait de retarder la mort en contant des
fables seraient des éléments typiquement indiens que l’on retrouve dans d’autres ouvrages hindous comme le "Pancatantra Hitopadeça". L’hypothèse veut donc que les contes seraient nés en
Inde et que, par voie orale, ils auraient atteint la Perse où un premier recueil, le Hezar Efsane aurait été écrit.
Ce recueil primitif, de même que les contes oraux, se seraient ensuite propagés dans le monde arabe grâce, entre autres, aux marchands avides de récits pour briser la monotonie de leurs
voyages. Les conteurs arabes, autour du VIIIe siècle, auraient par la suite traduit le Hezar Efsane et répandu ces histoires en les modifiant et en les adaptant selon leur culture, leur
religion et leur langue tout en conservant plusieurs éléments originaux. Ils auraient donc arabisé les contes en remplaçant les noms et les lieux indiens et persans (sauf exceptions), par
un décor arabe et un "vernis islamique". Ils auraient de plus ajouté bon nombre de contes, ceux-ci typiquement arabes, avec de grandes éloges au
Prophète. Parmi les éléments arabes présents dans le recueil, on dénote aussi la cohabitation des Musulmans avec les Chrétiens et les Juifs, les confrontations avec les Byzantins et les Francs au
temps des Croisades, les villes arabes où se déroule principalement l’histoire (Bagdad, Le Caire, Bassora, Damas), les souks et le marchandage, et les références à des personnages arabes connus
(poètes célèbres, califes, savants). Certains contes dénoncent aussi l’adoration du feu (Zoroastrisme) condamnée à l’époque par l’Islam. Ce sont
donc là les trois principales origines des Nuits : d’abord indienne, ensuite perse et finalement arabe.
Plusieurs conteurs arabes auraient par la suite consigné par écrit leur propre version des Nuits. On retrouve donc divers manuscrits dont les numéros des nuits ne concordent pas. Par
contre, presque tous ces manuscrits possèdent des contes précoces semblables et le même cadre liminaire avec Shahrâzâd et Shâhriyâr. Ces contes précoces seraient les plus anciens d’origine
indo-persane. L’hypothèse veut que le Hezar Efsane ne fut pas complet jusqu’à 1001 nuits lorsqu’il parvint aux Arabes. Ceux-ci l’augmentèrent donc d’histoires différentes selon les
conteurs, les scripteurs ou les copistes, dans le but d’atteindre le compte total. D’abord, les Arabes d’Asie, vers les IXe ou Xe siècles, sous le califat Abbasside, avec des contes
où l’on retrouve Haroun ar-Rachid et son vizir Ja’far. Ce fut ensuite et surtout au Caire, à partir du XIe ou XIIe siècle, sous les Fatimides, avec des contes merveilleux où la magie et les
génies sont présents. D’autres manuscrits d’origine obscure vinrent s’insérer aux contes et d’autres encore se perdirent ou furent détruits. Le recueil obtint en définitive une forme
plus stable aux XIIIe ou XIVe siècles. Les Nuits constituent donc un ensemble de contes dynamiques puisque les conteurs y inséraient ou y soustrayaient des histoires selon leur plaisir et
surtout selon celui des auditeurs.

Par le peintre persan Sani ol-Molk (1849-1856)
C’est autour de l’an 1700 que le Français Antoine Galland mit la main sur des manuscrits des Mille et Une Nuits (Alf laylah wa laylah). Il en fit une traduction, la toute première dans une
langue européenne, qu’il publia en 1704. Celui-ci adapta les contes pour l’époque en y omettant les éléments vulgaires et érotiques et en y insérant la galanterie (sans jeu de mots)
européenne. Il ajouta, à partir d’autres manuscrits ne faisant pas partie des Nuits, les contes de Sindbad, d’Aladin et de Ali Baba, ce qui décala les nuits par rapport au manuscrit
original. Son édition des contes arabes où, pour la première fois, la culture et la religion islamiques étaient dépeintes en Europe de l’œil même des Arabes et non plus seulement rapportées par
les Croisades, les pèlerins, les moines ou les marchands européens, fut un succès immédiat; l’œuvre, par ses nombreux éléments merveilleux, contrastant avec
les écrits cartésiens de l’époque où l’imaginaire et l’exotisme tenaient alors une place chétive. Les Nuits de Galland furent rapidement traduites dans les autres langues européennes.
On peut considérer que l’arrivée des Nuits en France est en partie responsable du développement de l’Orientalisme en Europe grâce à l’engouement qu’elle provoqua pour cette partie du monde plutôt
mystérieuse. Dans les années qui suivirent et jusqu’au XIXe siècle, d’autres manuscrits furent découverts, relatant les contes des Mille et Une Nuits dans un ordre un peu différent et avec de
nouveaux contes. Ces manuscrits furent à leur tour traduits, ce qui donna lieu à différentes versions des Alf laylah wa laylah.
Mais l’exotisme apporté par le recueil ne se répandit pas qu’en mots. Il le fit aussi en images lorsque de talentueux artistes, comme Edmond Dulac et Marc Chagall, illustrèrent quelques
contes des Nuits. Le thème fut aussi repris en musique entre autres par le compositeur russe Nikolaï Rimski-Korsakov (1844-1908) qui composa la suite symphonique Shéhérazade, Opus 35.
Il harmonisa sublimement le «Vaisseau de Sindbad», "l’histoire du prince Kalender", "l’histoire du jeune prince et de la jeune princesse" ainsi que le "Festival de Bagdad". D’autre part,
l’industrie cinématographique s’appropria elle aussi ce sujet en mettant sur pellicule la série télévisée I dream of Jeannie (1965) jusqu’aux dessins animés de Disney avec Aladin. Les
enfants étant toujours assoiffés d’histoires merveilleuses, les Nuits furent rapidement adaptées pour les petits en une version, souvent celle de Galland, épurée des éléments violents ou
vulgaires et concentrée en éléments magiques, si bien que les autres contes se sont atténués dans l’imaginaire collectif et que seuls les Aladin, Ali Baba, Sindbad et Shéhérazade demeurent
présents en mémoire lorsque l’on invoque les Mille et Une Nuits.

Recueillies par SIMBAD

PARIS SUR LA PLUIE
Paris qui s'ennuie
Marcher sous un ciel qui pleure
Sans chagrin et sans douleur
Comme des petits lacs
Nos pas marquent les flaques
Paris des poètes
Lendemain de fête
Paris qui fait des rimes
Et Paris qui déprime
Parfois c'est de la prose
Parfois c'est autre chose
Des larmes sur le trottoir
Comme pour laver sa mémoire
Pour oublier son histoire
Une pluie, couleur cafard
Paris et la nuit qui tombe
Et la poésie devient profonde
Des mots qui raisonnent
Et les cloches qui sonnent
La basilique par mille feux
Réconforte des gens heureux
Paris raconte-moi
Paris écoute-moi
Mes yeux tristes, du départ
De mes amis, dans le brouillard
Les souvenirs
Le plaisir
Qu'il était bon de partager
Avec vous, cette amitié
Et d'écouter dans cet endroit
Cette poésie, cette joie
Une nuit fabuleuse d'amour
Qui rime avec toujours
Paris qui pleure ce soir
Paris qui oublie son cafard
Sous un parapluie de mots
Sur le ciel, sous ma peau
Dans mes veines, dans mon sang
Dans le rire de mes enfants
L'horizon humide qui s'enfuie
Laissant un grand mur gris
Paris tout petit
Paris dans la nuit
Les nuages devenus blêmes
Et puis il y a toi, que j'aime...
( ANONIME )


























