

Ismail Kadaré
Colloque International

POST - SCRIPTUM
SUR LA DICTATURE
Un essai - document écrit par Vasil Qesari qui
raconte l'Albanie totalitaire
( PDF en langue albanaise )
( Një libër mbi totalitarizmin
në ish-Shqiperinë staliniste.
Klikoni për ta lexuar )
44 JOUR
TELEBLEU
Ce
livre de l'auteur Vasil Qesari, publié en Albanie en mars 2000 et présenté au Salon International du Livre à Paris, raconte l'histoire d'un journaliste albanais, engagé dans un combat
pour la liberté et l'indépendance de la presse et de l'information publique dans un pays, connu pour son fanatisme idéologique et le dogmatisme stalinien ( Le livre est en format PDF en langue
albanaise ).
Qeparo est le plus beau village de la riviera albanaise. Là sont nés mes ancêtres, là se trouvent les ruines de la maison de mes parents. J' y ai passé les années de mon
enfance. Là-bas j’ai découvert pour la première fois la magie de la mer, la beauté des couchers de soleil, le vent du sud plein d’arômes iodés, ainsi que le vent d'hiver, rempli de la fraîcheur
des montagnes ..
.
Vlora est ma ville natale. Je suis né là, à l’aube d’un jour de novembre, "tombant" sur les mains de une sage-femme italienne. La ville, actuellement a plus de 100.000 habitants et se situe dans la partie du sud-ouest d'Albanie, sur la côte de l'Adriatique...( Clic sur image ! )
LA RIVIERA
La riviera albanaise est la plus belle zone touristique en Albanie. Elle s’étend sur une longueur de 100 km le long du littoral, entre la baie de Vlora et le point méridional le plus extrême de
la côte, aux confins avec la Grèce ...
TEDI PAPAVRAMI
Est né à Tirana (Albanie). Il commence l'étude du violon à quatre ans avec son père, Robert Papavrami, professeur réputé dont l'influence sera déterminante pour toute la suite de son développement technique et artistique. A l'âge de huit ans, il interprète en public avec l'Orchestre Philharmonique de Tirana les Airs Bohémiens de Sarasate, puis à onze ans le premier Concerto de Paganini. En septembre 1982, à l'initiative du flûtiste Alain Marion, il est invité en France en qualité de boursier du gouvernement français. Il y suit l'enseignement de Pierre Amoyal au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Tedi PAPAVRAMI remporte en 1985 le Prix du Concours International Rodolfo Lipitzer et en 1986 le Premier Prix de violon, premier nommé à l'unanimité du jury du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. En 1987 il obtient
Tedi Papavrami a donné de nombreux concerts en récital et en soliste, tant en Europe, qu'en Turquie, au Japon, en Israël, en Afrique du Sud, etc. avec notamment l'Orchestre de Paris, Bamberger Symphoniker, Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks de Münich, l'Orchestre Philharmonique de Radio France, l'Orchestre Philharmonique de Monte Carlo et a collaboré avec des chefs tels que Kurt Sanderling, Christopher Hogwood, Antonio Papano, Gilbert Varga, Zdenek Macal, Louis Langrée, Jean Claude Casadesus, etc. La saison 2000/2001 vit Tedi Papavrami collaborer avec les orchestres de Palma de Majorque, l'Orchestre Philharmonique de Nice, l'Orchestre de Galicia, l'Orchestre Philharmonique de Liège, l'Istanbul State Philharmonic. Il a effectué en outre, une tournée d'un mois en Amérique du Sud, et a interprété lors d'une même soirée l'Intégrale des Sonates et Partitas de Bach au Théâtre de St Quentin en Yvelines. Une tournée avec l'Intégrale des Caprices pour violon seul de Paganini, qu'il est l'un des rares violonistes à jouer en public, a marqué également cette année ses débuts au Japon.
Tedi PAPAVRAMI se produit régulièrement en musique de chambre en compagnie de P.Bianconi, H.Sermet, E.Lesage, M.Rubackyté, G.Hoffman, P.Meyer, G.Caussé, I.Faust, R.Oleg etc. notemment au Festival de Musique à l'Empéri, à Salon de Provence, dont il est l'un des habitués. Il est depuis 2002 membre d'un quatuor avec piano, le Quatuor Schumann, basé à Genève. Remarqué lors de son passage dans l'émission "Double Je" que lui consacrait Bernard Pivot, il est engagé par la réalisatrice Josée Dayan, pour interpréter un Danceny violoniste aux côtés de Catherine Deneuve, Ruppert Everett et Nastassja Kinski, dans l'adaptation des Liaisons Dangereuses réalisée pour TF1. Parallèlement à ses activités de musicien, Tedi Papavrami est depuis 2000 le traducteur de l'écrivain albanais Ismail Kadaré pour les éditions Fayard.
CRITIQUES
The STRAD (01/ 1994)
Henry ROTH (France' s tribute to Francescatti - Aix-en-Provence)
J'ai d'abord entendu le violoniste albanais Tedi Papavrami quand il avait 14 ans et j'ai toute de suite noté que c'était en talent à suivre. A 22 ans il c'est maintenant épanoui comme un jeune virtuose au potentiel exceptionnel...Il a exécuté hier soir six caprices de Paganini (les n° 1, 2, 3, 5, 6, et 9) à une vitesse époustouflante, avec une justesse parfaite, une intensité d'expression et une puissance du quatrième doigt que lui envieraient la plupart des violonistes. On entend rarement les doubles trilles d'octave du n°3 jouées avec autant de clarté. Sa sonate de César Franck révèle son goût instinctif pour la diversité tonale, un son chaud au vibrato (presque) totalement contrôlé. Son seul rappel, une exécution enflammée du Tzigane de Ravel, a mené son récital à un époustouflant final.
Le Monde (6/9/95)
Alain LOMPECH
(Récital à Montreux, 24 caprices pour violon seul)
Avec beaucoup d'intelligence et d'intégrité, une justesse d'intonation quasi-parfaite, Papavrami a surmonté cette épreuve avec une aisance qui a forcé l'admiration du Théatre de Vevey...Aucun doute n'est permis:ce jeune Albanais est un musicienà la recherche de la beauté et de l'émotion.
La Presse (5/9/95)
Antonin Scherrer
(Récital à Montreux, 24 caprices pour violon seul)
... Un foisonnement rebondissant et coloré. Papavrami déploya, en plus de ses armes de virtuose, toute sa sensibilité d'artiste...Sautillés virevoltants, pizzicati endiablés, doubles
ACTUALITE
Février 2006
Mercredi 8 février 2006
Zermatt (Suisse) - Alexander Seiler Saal du Mont Cervin Palace
Soirée en duo avec Philippe Bianconi –
Programme (à confirmer) : BEETHOVEN : Sonate N°5 «Le Printemps»
KREISLER: Liebesleid-liebesfreud. DE FALLA : Les Chansons populaires espagnoles
FRANCK: Sonate
SARASATE : Airs bohémiens
Mars 2006
Jeudi 30 mars 2006 (19h30)
Aarhus (Danemark) Musikhuset Aarhus -
Aarhus Symfoniorkester -- Direction : Takuo Yuasa
TCHAIKOWSKY - Concerto pour violon en ré mineur op.35
Mai 2006
Mardi 16 mai 2006 (20h)
Tedi Papavrami, arrivé tout jeune en France, découvrait un pays et une culture qui lui étaient totalement étrangers. Sa curiosité naturelle et son besoin d'apprivoiser la langue française pour pouvoir faire de ce pays le sien, une grande solitude aussi au départ, le poussèrent à dévorer les livres, toujours en Français: Stendhal, Dostoïevski, Tchekhov, Kafka...En juin 2000, il répondait à un journaliste qui l'interrogeait sur ses passions en dehors de la musique: "J'aime faire du sport et lire. Proust, Gogol, Flaubert, et puis aussi Kadaré, mon compatriote et ami ".
Tedi Papavrami et Ismail Kadaré - le célebre ecrivain albanais qui vit à Paris
ANGELIN PRELJOCAJ
Chorégraphe et directeur artistique du Ballet Preljocaj-Centre Chorégraphique National, Angelin Preljocaj vit et travaille à Aix-en-provence depuis 1996. Né en 1957, de parents albanais émigrés en région parisienne, il étudie d’abord la danse classique, puis aborde la danse contemporaine avec Karin Waehner à la Schola Cantorum. Après un séjour à New York, où il suit les cours de Merce Cunningham (1980) , il entre dans la Compagnie de Quentin Rouillier à Caen, puis travaille au Centre National de Danse Contemporaine d’Angers, alors dirigé par Viola Farber.
En 1980, il est engagé comme danseur par Dominique Bagouet, installé avec sa compagnie à Montpellier.
Angelin Preljocaj y fait ses débuts de chorégraphe en créant, avec Michel Kélémenis, Aventures coloniales, un duo présenté avec succès au Festival de Montpellier en juillet 1984 et
repris en septembre de la même année, pour l’inauguration du Théâtre Contemporain de la Danse. En décembre 1984, Angelin
Preljocaj vole de ses propres ailes et présente au concours de Bagnolet Marché noir, qui obtient le prix
du Ministère de la culture. Il fonde sa propre compagnie qui s’installe à Champigny-sur-Marne et crée pour elle Larmes blanches et Peurs bleues en 1985, A nos
héros enn 1986 et Le Petit napperon bouge en 1987. La même année, lauréat du prix de la "Villa Médicis hors les
murs", Angelin Preljocaj part au Japon étudier le théâtre Nô. A son retour, il crée Hallali Romée pour le Festival d’Avignon, la Biennale de danse du Val-de-Marne et le Théâtre de la
Ville , puis Liqueurs de chair lors d’une résidence au CNDC d’Angers, pièce coproduite par le Théâtre de la Ville (1988). Pour la Biennale de danse du Val-de-Marne, il présente en
1989 sa vision des Noces de Stravinski et le duo Un Trait d’union.
En 1990, il crée Amer America pour la Biennale de la Danse à Lyon puis réalise pour le Lyon Opéra Ballet une version B.D. futuriste, avec le concours d’Enki Bilal, du Roméo et Juliette de Prokofiev. Sa résidence au Théâtre National de la Danse et de l’Image (TNDI) à Châteauvallon débouche sur la création, en 1992, de La Peau du monde. Cette même année, il reçoit le "Grand Prix National de la Danse " décerné par le Ministère de la Culture. Avec sa compagnie, il est invité au Palais Garnier à présenter un Hommage aux Ballets Russes (1993), composé de ses relectures de Parade, du Spectre de la rose et de Noces. L’année suivante, il crée Le Parc à l’invitation de Brigitte Lefèvre pour le Ballet de l’Opéra de Paris, sur des musiques de Mozart.
En 1995, il chorégraphie Petit essai sur le temps qui passe, L’Anoure sur un livret inédit de Pascal Quignard et Annonciation. La même année, il crée L’Oiseau de feu pour le Ballet de Munich et reçoit le prix des "Benois de la danse" pour Le Parc au Bolshoï de Moscou. Sa compagnie s’implante en 1996 à Aix-en-Provence où il monte une nouvelle version de Roméo et Juliette. La même année, plusieurs ballets prennent à leur répertoire certaines de ses pièces : les Ballets de Monte-Carlo reprennent Le Spectre de la rose, le Ballet de Toscane en Italie, Liqueurs de chair et le Ballet de l’Opéra de Paris, Annonciation.
En 1997, coup double à New York : la compagnie se produit au Joyce Theatre (représentations d’Annonciation, Le Spectre de la rose et Noces) et le chorégraphe est invité par Peter Martins, directeur du New York City Ballet, à créer un ballet pour ses danseurs, dans le cadre du "Diamond Project" : La Stravaganza. Il reçoit le " Bessie Award " pour Annonciation et les Victoires de la Musique pour Roméo et Juliette.La même année, tandis qu’il crée Paysage après la bataille pour sa compagnie au Festival d’Avignon, le Ballet de Nancy remonte Larmes blanches et celui d’Helsinki, Le Spectre de la rose. En 1998, Officier des Arts et Lettres, Angelin Preljocaj est nommé chevalier de la Légion d’honneur.Cette même année, il remonte Le Parc pour le Deutscher Oper de Berlin et crée Casanova pour le Ballet de l’Opéra National de Paris. Il présente Centaures, adaptation d’un duo de La Peau du monde, à la Maison des Arts de Créteil pour la Biennale de danse du Val-de-Marne.Le Ballet municipal de Rio de Janeiro remonte Le Spectre de la rose.
En 1999, il crée Personne n’épouse les méduses au Festival
d’Avignon et reçoit le Grand Prix international de Vidéodanse pour Le Parc.Le Ballet Gulbenkian de Lisbonne et le Finnish National Ballet remontent
Noces. En 2000, à l’heure du règne de la virtualité, des images de synthèse et de l’implosion de la danse, il
crée Portraits in corpore, installation chorégraphique où s’établit un dialogue entre le corps des danseurs et leur image. "Helikopter". En mai 2001, il crée Le Sacre du printemps, coproduction franco-allemande réunissant les danseurs du Ballet Preljocaj et ceux du Staats
Oper de Berlin, sur la célèbre partition d’Igor Stravinsky dirigée par Daniel Barenboïm.Il remonte Annonciation pour le Kungliga Baletten de Stockholm et pour le Ballet Gulbenkian de
Lisbonne. En 2002, le Ballet de la Scala de Milan reprend Annonciation et la ABC Dance Company de St Pölten en Autriche,
Noces. En 2003, il réalise Annonciation, inspiré de la pièce créée en 1995 et crée Near Life
Experience sur la musique du groupe français Air.
En mars 2004, il crée Empty moves (part I) pour la Biennale de Danse du Val de Marne à Fontenay-sous-Bois. En juin 2004, il crée « N » en collaboration avec Kurt Hentschläger et Ulf Langheinrich de Granular Synthesis, présentée au Festival Perspectives de Saarebruck, au Théâtre de l’Olivier à Istres et au Festival Montpellierdanse.Cette même année, le Ballet de Lorraine reprend La Stravaganza , le Nederlands Dans Theater reprend Noces, le Balé da Cidadé de Sao Paulo, Liqueurs de Chair et le Ballet d’Ankara, Le Spectre de la Rose. En novembre 2004, Angelin Preljocaj reprend MC 14/22 et crée Le Songe de Médée pour le Ballet de l’Opéra National de Paris. En 2005, il crée Les 4 saisons avec la complicité de Fabrice Hyber sur la célèbre partition de Vivaldi.Le Ballet de La Scala de Milan reprend La Stravaganza.
ISMAIL KADARE
Ce qui suit n'est pas une analyse de l'univers romanesque d'Ismaïl Kadaré, pas plus qu'un essai d'interprétation de ses romans et récits. Nous nous proposons de fournir quelques compléments biographiques, historiques et ethnologiques à l'entretien qu'on vient de lire et de signaler quelques pistes de réflexion touchant aux questions abordées au cours de l'entretien. C'est pourquoi, après un rapide rappel de la formation de l'écrivain et de la conception de son ouvre, nous évoquerons la ville de Gjirokastër et l'expérience de la Seconde Guerre mondiale, la société traditionnelle albanaise et son kanun, le patrimoine épique et légendaire dans lequel Kadaré ne cesse de puiser,et enfin l'histoire tragique des Balkans qui fournit la toile de fond de la plupart des romans d'Ismaïl Kadaré. Les ouvres complètes (à l'exception des essais) d'Ismail Kadaré ont été publiées par les éditions Fayard, simultanément en français et en albanais, entre 1993 et 2004. Les dates de publication données ici sont celles de la première publication en albanais, sauf mention contraire. Kadaré a souvent remanié ses écrits, et les nouvelles éditions peuvent comporter des différences importantes avec le texte d'origine. ISMAIL KADARÉ est né en 1936 à Gjirokaster, dans le sud de l'Albanie. Il parachève à Moscou, à l'institut Gorki, pépinière d'auteurs et de critiques,des études commencées à la Faculté des Lettres de Tirana. De retour dans son pays après la rupture avec l'Union soviétique (I960), il se lance dans le journalisme et publie simultanément ses premiers poèmes.II écrit ensuite une nouvelle, qu'il remanie plusieurs fois,et qui finira par devenir son premier roman publié, Le Général de l'Armée morte, celui aussi qui le fera connaître alors en Albanie. Il devient alors "écrivain à temps complet". Parallèlement, il dirige la revue littéraire Les Lettres albanaises (publiée simultanément en français). L'ouvre d'Ismail Kadaré, publiée aux Éditions Fayard, est composée de romans, de récits, de recueils de nouvelles, d'un recueil de poésie et d'une pièce de théâtre. Viennent de paraître les neuf premiers volumes de ses ouvres complètes. Ses ouvres sont à présent traduites dans une quarantaine de pays et Ismail Kadaré est considéré depuis quelques années comme l'un des plus grands écrivains d'aujourd'hui. Ayant rompu avec le régime de Tirana, Ismail Kadaré a obtenu l'asile politique en France en octobre 1990. Il revit depuis quelques années entre France et l'Albanie. En 1996, il a été élu membre associé étranger de l'Académie des Sciences morales et politiques. Ismaïl Kadaré et l'Albanie RAPPER Gilles Editeur : Actes Sud Un recueil de deux textes : une interview de Kadaré et une présentation de l'histoire du pays et de l'ouvre de l'auteur, donnant un éclairage intéressant sur les sources d'inspiration, la vie, et les motivations du célèbre écrivain albanais. Kadaré et la littérature 'interview de Kadaré débute par quelques rappels de son enfance et l'importance de sa ville natale, Gjirokastër, où naquirent également l'écrivain Dritëro Agolli et le futur chef d'Etat, Enver Hoxha. On y apprend aussi comment les deux grands écrivains de la Grèce moderne, Georges Seferis et Odysseus Elytis, sont liés à l'Albanie. Shakespeare et Eschyle ont été d'importes références pour Kadaré, là où Anna Karenina de Tolstoï l'ennuie profondément, occasion pour l'écrivain de conter son séjour d'étudiant à l'institut de littérature Gorki, son rejet des "valeurs" alors enseignées, et ses débuts d'écriture avec ses thèmes propres et développés par la suite. A la sempiternelle question des dures conditions de l'écrivain dans un régime autoritaire, l'intéressé répond fort à propos que "la majeure partie de la littérature mondiale a été créée dans des conditions politiques souvent épouvantables (p.74-75). D"ailleurs, son départ du pays en 1990 pour la France est totalement étranger à la coercition, puisque sa décision se fit alors même qu'il jouissait du plus de liberté. Non, il sentait que c"était le moment de donner un coup de pouce à l'histoire, et quitta l'Albanie sous un faux prétexte, pour une déclaration publique. L'effet ne se fit pas attendre : "le jour même, la Voix de l'Amérique a annoncé que j'avais quitté le pays et diffusé ma déclaration à six heures du soir (p.74). On connaît la suite ? Kadaré et l'Histoire L'entretien révèle aussi des thèmes du folklore balkanique, dont certains sont repris abondamment par d'autres écrivains, comme celui du personnage emmuré dans un pilier de pont par le serbo - croate Ivo Andric, prix Nobel 1961. L'auteur souligne l'importance qu'eut en ces années le kanun, le code d'honneur traditionnel encore valable aujourd'hui, et dont diverses dispositions sont universelles puisqu'on les retrouve un peu partout dans le monde. Et il explique le rôle significatif du kanun sous l'ère Hoxha : "car lorsque vous avez vécu dans un pays communiste et stalinien, le code coutumier semble très raisonnable comparé au code pénal communiste, qui faisait disparaître les gens avec leurs enfants, leurs grands-mères, leurs grand-pères, tout cela sans lois, sans raisons, sans rien?" (p.41). C'est ainsi que "à cette époque, la police secrète faisait circuler dans les villages les corps des fuyards qui avaient été abattus à la frontière, pour impressionner et dissuader les candidats à l'évasion" (p.69). L'entretien fourmille d'anecdotes et rappels historiques, comme le fait qu'à l'époque Nazie, l'Albanie avait été un rare refuge : "pendant la Seconde Guerre mondiale, le nombre de juifs été multiplié par dix, du fait de l'arrivée de juifs depuis les pays voisins". Plus loin dans le temps, l'auteur revient sur le règne ottoman et ses conséquences sur cette partie d'Europe : "il s'est passé une chose incroyable, tous ces peuples ont été détachés de l'Europe et, aujourd'hui, ne rêvent que de rejoindre à nouveau l'Europe (p.56) ".Sans doute l'Ouest mesure-t-il toujours aussi mal l'histoire dans cette autre partie du continent : "c'est une erreur de qualifier l'Albanie de pays musulman ou musulman modéré. Il n'en est rien, la première religion des Albanais est celle de l'Eglise romaine. Une partie des Albanais se sont convertis à la religion orthodoxe à la suite de la séparation entre Rome et Byzance. L'islam est un phénomène récent en Albanie ce qui veut dire que face aux vingt siècles d'histoire de la chrétienté, on ne trouve que trois siècles d'Islam. Si les musulmans sont numériquement plus importants pensez que 80% des écrivains de l'Albanie, en particulier ceux du Moyen Age, sont des écrivains catholiques" (p.53). Le deuxième texte est un bon complément au premier, puisqu'il rappelle des faits importants de l'histoire albanaise à laquelle l'ouvre de Kadaré est intimement liée et à laquelle il rend un hommage que le monde entier lit aujourd'hui. *** A 11 ans, Ismail Kadaré recopia Macbeth d'une écriture malhabile. Cela l'occupa un mois et ce fut en quelque sorte son premier livre! Depuis, cet auteur prolifique, Albanais exilé à Paris depuis 1990, en a publié bien d'autres que, luxe suprême, il retouche au fil des rééditions. Le troisième tome de ses ouvres complètes vient de paraître, ainsi qu'un essai, Eschyle ou le grand perdant; un passionnant Dialogue avec Alain Bosquet; et le texte d'un album de photos, Albanie, visages des Balkans (Flammarion).Dans sa maison natale de Gjirokastër, il n'y avait pas de livres."Mes oncles en revanche possédaient une bonne bibliothèque". Le jeune Ismail dévore évidemment L'île au trésor de Stevenson. Très vite, il sépare les livres qui lui procurent un plaisir immédiat des autres, plus difficiles:"J'ai lu Macbeth avec souffrance. Cette pièce, très proche de l'angoisse communiste, m'attirait comme une perversion". Plus tard, il sera fasciné par Cervantès: «Je souhaitais que Don Quichotte gagne au moins une bataille! Ce roman me donna le goût du grotesque et me sauva d'une sorte de monotonie tragique". Plusieurs de ses lectures ont fait lentement leur chemin dans son esprit. "Je n'aimais pas la littérature grecque, qui m'avait paru fade. Mais j'ai compris que l'Antiquité ressemblait beaucoup au monde dans lequel nous vivions, avec les mêmes drames, la même tension, la même fatalité. Cette philosophie liée à la réalité de la vie me plaît".A l'école, les petits Albanais étaient obligés d'apprendre le russe. Les romans furent pour lui une stimulation. S'il n'appréciait pas beaucoup Tolstoï, il s'enthousiasma en revanche pour Gogol, ou Pouchkine: "C'est le seul avec lequel j'aurais aimé prendre un café!» L'écrivain cite encore un compatriote, Migjeni (Chroniques d'une ville du Nord, Fayard), un écrivain des années 30, "un génie mort à 27 ans, que l'on a comparé à Rimbaud".Aujourd'hui, Ismail Kadaré reconnaît lire moins qu'auparavant. "Le côté professionnel prend malheureusement le pas sur le plaisir. Je vois tout de suite les artifices d'un livre". ( Pascale Frey ) *** "Que serions-nous si nos rêves étaient contrôlés? L'auteur brosse le portrait flou et précis, aux mains d'un pouvoir totalitaire, qui veut régner d'une main de fer sur le corps et l'esprit de ses citoyens. Le pouvoir n'est-il pas total quand il contrôle l'inconscient de ses sujets? La collecte des rêves se fait au petit matin dans une charrette conduite par des chevaux, les rêves sont analysés et décortiqués, complots et hostilités sont révélés par ces songes passés en revue par des fonctionnaires du rêve. Parfois, les charrettes sont bien trop lourdes des rêves des hommes et les roues s'enlisent dans le sol boueux. Au-delà de l'écriture, c'est le sujet et le climat de ce livre qui m'ont plongée dans un univers romanesque étrange et familier à la fois. Ce qui est saisissant, c'est l'ancrage de cette fiction dans un monde réel qui rend cette histoire improbable tout à fait vraisemblable." ( Yasmine Ghata ) *** "J'étais écrivain avant même d'être contestataire. C'est la littérature qui m'a conduit vers la liberté et non pas l'inverse, voilà qui n'a jamais fait doute à mes yeux. J'ai connu la littérature avant, bien avant de connaître la liberté". "Une dénonciation du système totalitaire à travers une série de romans dans lesquels, en démontant les mécanismes et les buts de la dictature ottomane ( que l'Albanie a subie pendant plusieurs siècles), il met en accusation la dictature albanaise, le stalinisme et le maoïsme, d'autant plus clairement que toutes les dictatures se ressemblent : mise au pas de l'individu et de la pensée pour obtenir un homme nouveau, absence de liberté, appel à la délation, obéissance par la terreur, instauration d'un projet culturel en rupture totale avec le passé, omnipotence du Parti". "L'affirmation d'une identité albanaise qui plonge ses racines dans des structures sociologiques et dans une culture millénaire. Légendes, mythes, évocation des grandes épopées deviennent les armes littéraires avec lesquelles Kadaré mène une deuxième attaque contre la dictature, et trace le portrait d'une Albanie farouche, fière d'une histoire marquée par une lutte incessante contre divers envahisseurs, forte d'un système de règles, le Kanun, grâce auquel l'homme revendique son identité face au destin, et qui lui ont permis de bâtir un mode de vie qui n'a que faire de modèles imposés." ( Ismaïl Kadare ) *** Comme le fit Voltaire avant lui, Ismaïl Kadaré utilise l'allégorie politique pour pouvoir critiquer le régime albanais et exposer ses idées librement. Il transpose ainsi son désaccord envers le totalitarisme au travers d'une histoire se déroulant dans un autre lieu, à une autre époque, pour pouvoir ainsi exprimer son point de vue sans risque, ou presque, d'être inquiété pour avoir contesté le régime. Son roman se déroule en Turquie sous l'Empire Ottoman, mais en réalité il critique la tyrannie albanaise, et plus précisément la dictature d'inspiration stalinienne d'Enver Hodja. L'histoire est peu susceptible d'être prise pour vraie, d'une part à cause de ses nombreux dialogues et d'autre part, à cause de l'impossibilité d'imaginer qu'une telle organisation puisse contrôler nos rêves et notre mode de pensée ; mais ceci montre très bien comment la dictature cherche à prendre possession de l'esprit des gens et à les influencer jusque dans le moindre recoin de leur cerveau. ( Sandy Racz ) *** Même s'il se défend d'être un "écrivain albanais", Ismaïl Kadaré est d'abord, pour le public français et occidental, l'écrivain de l'Albanie, celui qui fit connaître ce pays fermé et mal connu, victime à l'intérieur d'une dictature redoutable et à l'extérieur de l'indifférence et de stéréotypes grossiers. A travers toute son ouvre, Ismaïl Kadaré révèle l'existence d'une histoire albanaise, d'un fonds épique et légendaire, d'une atmosphère et d'un caractère, mais aussi d'institutions, de coutumes et de valeurs qui donnent au pays et à ses habitants leur originalité, leur irréductibilité, mais qui soumis aux effets dévastateurs de la dictature, risquent d'être défigurés ou de disparaître. Comme le rapportent Elisabeth et Jean-Paul Champseix, Kadaré écrivit, après s'être heurté, en tant qu'écrivain, aux difficultés que lui opposait un régime autoritaire : "L'Albanie se défaisait sous nos yeux. Telle une icône vermoulue, elle vieillissait jour après jour, se défigurait, s'étiolait. S'il me restait encore quelque bonne raison d'être écrivain: la seule, la première et la dernière raison était celle-là : essayer de restaurer l'icône. Pour que les générations à venir, quand elles gratteraient le vernis de cette époque sans merci, redécouvrent l'image intacte". * Le général de l'armée morte (1963) La peau de tambour (1967, sous le titre albanais "La noce") Chronique de pierre (1970)Les tambours de la pluie (1970, sous le titre albanais "La citadelle") L'hiver de la grande solitude (1973 ) aussi publié comme "Le Grand Hiver"), Novembre d'une capitale (1975) Le palais des rêves (1981) Le crépuscule des dieux de la steppe (1978) La commission des fêtes (1978) Le pont aux trois arches (1978) La niche de la honte (1978) Avril brisé (1980) Qui a ramené Doruntine? (1980) Clair de lune (1985) L'année noire (1985) Le cortège de la noce s'est figé dans la glace (1985) Eschyle ou le grand perdant (1985, essai) Concert en fin de saison (1988 ) Le dossier H. (1989) Le Monstre (1990), une version courte a d'abord paru en 1965, aussitôt censurée Le firman aveugle (1991), rédigé en 1984 Invitation à l'atelier de l'écrivain (1991, essai) La pyramide (1992) La grande muraille (1993) L'Ombre (1994), rédigé en 1984-85 L'aigle (1995) Spiritus (1996) Le Printemps Albanais (1997) Trois temps (1997) L'Albanie, Visage Des Balkans (1998) Trois chants funèbres pour le Kosovo (1998) La ville sans enseignes (1998), ouvre de jeunesse rédigée à Moscou en 1959 Mauvaise saison sur l'Olympe (1998, théâtre) L'envol du migrateur (1999), rédigé en 1986 Froides fleurs d'avril (2000) Le chevalier au faucon (2001) Histoire de l'Union des Écrivains albanais telle que reflétée dans le miroir d'une femme (2001) La fille d'Agamemnon (2003), rédigé en 1985 Le Successeur ( 2004 ) Ismail Kadaré a également publié des poésies et une vingtaine de nouvelles.
HISTOIRES DE
MER
Les histoires de mer ont parcouru le temps. Nous savons bien peu dechose des
premiers navigateurs mais la Bible n’est pas avare de récits. Arche de Noë, Jonas, ouverture de la mer Rouge pour laisser passer les Hébreux. Dans l’Odyssée, si Ulysse met tant de temps pour
regagner Ithaque après la guerre de Troie, c’est qu’il est très largement victime des pièges que lui tend Poséidon ...
MILLE ET UNE NUITS
Simbad le marin est l'une des parties des Mille et Une Nuits, vaste recueil de contes
élaboré par des générations d'auteurs entre le VIIIe e XIIe siècle. D'origine persane, ces contes se sont enrichis, par la suite, de nombreux apports arabes. Un palais magnifique, une gracieuse
mélodie, des parfums enivrants ...
VOYAGES DE SIMBAD
Toujours à la recherche
d'aventures, Simbad reprend la mer et, comme à l'habitude, son navire s'échoue. Les sauvages nus avec lesquels il se retrouve leur donnent à manger une plante qui leur enlève toute volonté
...

REVES ET FANTASMES
Dans le monde occidental en revanche, Les Mille et Une nuits suscitent un incroyable engouement dès leur traduction, nourrissant les
rêves et fantasmes des Occidentaux sur l’Orient et stimulant l’imagination des peintres. C’est Antoine Galland qui réalisa, à partir d’une copie arabe, la première traduction en français
(1704).
VOYAGER