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SACRE
Si les pas de tes rêves te portaient par hasard en ce jour,
Au pied de ma maison, et que ton âme cicatrisée se recueille quelques instants,
Là,
Dans le souffle des fleurs, à l’orbe de mon cœur qui bat, tout doucement.
Juste à Être,
Ensemble,
Un instant,
Un seul souffle,
Un seul battement.
Ta tête sur ma poitrine,
Mes lèvres sur ton front.
Caresser chaque ligne d’une infinie douceur,
Dans un enlacement d’âmes jusqu’aux barrières du temps.
Il nous faudra plus de mille ans.
Je te dirais avec mes yeux,
La profondeur du lac dans lequel tout est pardon,
Je te dirai avec mes mains le délicat contour de ton visage
Où chaque sillon de ta douleur est comblé de ma compassion.
Mes lèvres sur ta bouche et s’élever en Amour de la plus belle façon,
A la hauteur des sentiments célestes que chaque être devrait connaître
Dans une folle passion,
De mes chevilles à tes yeux,
De tes mains à mes mains,
De tes lèvres à mon corps,
De tes yeux à mon cœur,
Posés là,
Dans le creux de ma main,
Au plus prés de mon cœur,
Fermer
Mes paupières lourdes de tous les sillons de mer,
Nourrie d’avoir goûté,
Une fois dans ma vie à ce Divin nectar que d’être Aimée,
Amoureusement d’une aussi belle et ardente façon.
Chaque fois que je fermerai les yeux et jusqu’à mon dernier souffle,
Je verrai des méharées,
D’où naissent des oiseaux nimbés d’Or
Épris de mer et de vent,
Qui volent vers de nouveaux rivages,
Le cœur léger d’avoir vécus ce seul instant.
Claude Chatron-Colliet © 2008
( Photo Simbad )

SI JE DEVAIS
CHOISIR
UN
INSTANT
Si je devais choisir un instant,
Dans les couloirs du temps,
J’aurai vogué sur un arc en ciel,
Entre la Terre et le ciel,
Pour arriver à cet instant.
Celui où l’ombre de ton cœur,
Sombre,
Sur le fleuve Chagrin,
J’aurai marché sur le chemin,
Qui descend le grand Val,
Dans le désert minéral,
La brume du haut plateau.
Pour croiser ton chemin,
Au dessus du ravin,
Sur la passerelle,
Qui relie les civilisations.
Et les destins.
J’aurai arrêté le temps,
Pendant la traversée,
Dans le trésor,
Le Talisman,
Le cahier de poèmes interdit
La photo de Nina-Nana
Et quelques vêtements pour l'hiver,
Tu m’aurais regardée comme on regarde un mirage,
A marcher trop longtemps sous un soleil de plomb,
Et pourtant dans une page,
Mon image se confond,
Entre hier et demain,
L’arc en ciel et le pont.
Je suis inscrite dans ta mémoire,
A l’encre des livres de vie,
Et si j’avais voulu changer de page,
J’aurai vogué sur un arc en ciel,
Entre la terre et le ciel,
Pour arriver en cet instant.
Sans trop y croire, sur mes pas tu te serais retourné,
Et de ma robe de fiançailles,
J’aurai fait ce mouvement,
Que tu aimes tant,
Pour te dire qu’un jour dans les couloirs du temps,
C’est toi qui me croiserais
Au moment où l’ombre de mon cœur sombre
Sur les rives du fleuve chagrin.
En cet instant sur le pont,
Tu me verras
Au jour d’aujourd’hui,
Dans notre chambre,
Le cahier de poème interdit,
Le talisman de Nina–Nana
Sa photographie
Quelques habits épars,
Et cette image, sortie des pages,
Pansera ton cœur,
Jusqu’à ce que je pleure.
Et qu’un arc en ciel te guide
Au pied de mon cœur.
LOU ©


























