Mercredi 21 décembre 2011
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photo Vasil Qesari
Et pourtant, chaque jour
nous faisons quelque chose pour la dernière fois
- regarder un visage,
nous appeler par notre propre nom,
achever d'user une chaussure,
... éprouver un frisson -
comme si la première fois ou la millième
pouvait nous préserver de la dernière.
Roberto Juarroz
Mercredi 21 décembre 2011
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21:37
Et tu bois cet alcool brûlant comme ta vie,
Ta vie que tu bois comme une eau de vie
Avant de trouver, en octobre 1912, son titre définitif "Alcools", Apollinaire avait songé à intituler son recueil "Eau de vie".
Bien que moins "moderne" d’allure, le simple substantif pluriel d’Alcools est à coup sûr plus riche de virtualités, plus fort, plus résolu pourrait-on dire. Il se démarque en effet a...ussi bien
de "l’eau-de-vie" évoquée par Rimbaud dans "bonne pensée du matin" que des multiples ivresses évoquées par Baudelaire dans "Les Fleurs du mal" ou "Le Spleen de Paris". Alcools résonne comme une
désignation abrupte, délivrée des pathologies morales dépressives qui avaient jusqu’alors accompagné aussi bien les ivresses baudelairiennes que la verlainienne absinthe ou les rimbaldiennes
"taches de vin bleu" mêlées de "vomissures".
Mercredi 21 décembre 2011
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21:19
L’amour est une compagnie.
Je ne peux plus aller seul par les chemins,
parce que je ne peux plus aller seul nulle part.
Une pensée visible fait que je vais plus vite.
Fernando Pessoa
Dédié à Ophélia Queiroz – Le premier amour platonique de Pessoa à l’âge de 19 ans
Mercredi 21 décembre 2011
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photo Vasil Qesari
Je suis à l'entrée d'un tunnel.
Ces phrases perforent le temps.
Peut-être suis-je ce qui espère à la fin du tunnel.
Je parle avec les yeux fermés.
Octavio Paz
Mercredi 21 décembre 2011
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21:10
photo Vasil Qesari
Mendiant de ce qu’il ne sait pas,
Sur la route sans lieu de mon être
Parmi des débris fait son aube
Il chemine seul sans chercher…
Fernando Pessoa
Samedi 17 décembre 2011
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(photo Vasil Qesari)
Une fois j’aimai, et je crus qu’on m’aimerait,
mais je ne fus pas aimé.
Je ne fus pas aimé pour l’unique et grande raison
que cela ne devait pas être.
Fernando Pessoa
Samedi 17 décembre 2011
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18:03
(photo Vasil Qesari)
Il fait un triste temps, il fait une nuit noire
A ne pas mettre un aveugle dehors. Les forts
Sons assis, les faibles tiennent le pouvoir
Et le roi est debout près de la reine assise.
Paul Eluard
Samedi 17 décembre 2011
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17:11
(photo Vasil Qesari)
La vie commence
où l'on veut qu'elle commence,
où quelqu'un est capable de créer une forme.
Ou là où quelqu'un est capable
de se laisser créer par une forme.
Mais avant d'entraîner les mains
à créer une forme
ou à s'ouvrir à elle,
il faut leur apprendre à créer l'espace
pour cette forme.
La vie aussi s'achève
où l'on veut qu'elle s'achève,
où quelqu'un est capable d'effacer une forme
ou d'annuler son espace.
Ou là où quelqu'un est capable
de se laisser effacer
par l'impossibilité d'une forme.
Roberto
Juarroz