Samedi 19 décembre 2009 6 19 /12 /Déc /2009 21:16
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Edvard Munch. The Day After.
1894/95. Oil on canvas. 115 x 152 cm. Nasjonalgalleriet, Oslo, Norway.
(Cigares sans nicotine, boissons sans alcool, femmes sans sexe.)


EDVARD MUNCH
Le peintre de l'amour,
de la mort
et de la douleur

(1863 – 1944)



Né en 1863 à Loeten en Norvège, il est le deuxième des cinq enfants d'un médecin militaire et de son épouse. Il a cinq ans quand sa mère meurt de la tuberculose. Depuis cette date, une atmosphère pénible pèse sur la maison. Le père s'enlise progressivement dans l'obsession religieuse, alors que sa sœur chérie, Sophie, aînée d'un ans, est aussi atteinte de cette maladie maudite. Edvard est témoin de son agonie. En 1880, à l'âge de 17 ans, il interrompt ses études d'ingénieur et décide de devenir peintre. En 1889, il perd son père, a sa première exposition à Oslo et obtient une bourse d'Etat pour se rendre de nouveau en France où il vivra jusqu'à 1892. Mais c'est en Allemagne, à Berlin, que la légende du peintre "à part" naîtra un peu grâce au hasard à vrai dire.

C'est ignorant encore tout de lui, sur la recommandation presque fortuite du Norvégien Adelsteen Normann, que la l'Association conservatrice des Artistes Berlinois, invite le jeune peintre Munch à organiser lui-même son exposition individuelle dans la "Maison des Architectes". L'hostilité du public et de la critique est telle qu'on ferme les portes de l'exposition sept jours après son inauguration. Parmi les rares exceptions figure l'écrivain polonais Stanislaw Przybyszewski (1868-1927) qui dans ses œuvres explore le satanisme et le fantastique. L'œuvre de Munch subit aussi bien l'influence de l'étrange écrivain que de sa belle et diabolique femme. La jeune femme est entourée d'un groupe d'hommes amoureux, dont Strindberg et Munch. Ce dernier connaît ainsi une nouvelle forme d'anxiété et de solitude: la jalousie. Elle contribua certainement à la dualité de sa vision de la femme: attirance et peur, érotisme et mort.

Cependant, comme souvent dans l'art, le scandale de Berlin suscita un intérêt qui alla à l'avantage de l'artiste et de son œuvre, car depuis cette date Munch parvint à vivre pratiquement que de la vente de ses tableaux. En 1893 il peint Le Cri. Ce tableau, exprimant la solitude de l'homme dans la nature, est probablement l'œuvre la plus reproduite dans l'histoire de l'art. Il en fit une cinquante de versions. En 1895 son frère Andreas meurt. Munch est persuadé que toute sa famille est prédestinée à disparaître.

Munch était un bel homme. Sa beauté un peu sévère exerçait une grande séduction sur les femmes. Sa nature en même temps sauvage et timide le tenait éloigné d'elles. Après la mort tragique de Dagny Juell Ducha, qui avait laissé une trace in-effacée dans l'esprit de Munch, une autre femme alimenta dramatiquement son paranoïa. Nous ne savons pas grand chose de Tulla Larsen, une norvégienne, sauf qu'elle était rousse (comme Ducha) et que suite à leur rencontre durant l'été 1898 à Aasgaardstrand elle était fortement amoureuse de Munch au point d'avoir résolu de l'épouser. Mais il s'y refusa obstinément pour la raison, disait-il, qu'elle était beaucoup plus fortunée que lui et que cela l'humiliait, ses ressources de peintre étant très incertaines.

Un jour, ses amis vinrent le prévenir que Tulla était morte et le conduisirent dans la maison où ils avaient préparé une macabre mise en scène. Le corps de la jeune fille, inanimé, reposait sur le lit. Au moment où Munch contemplait avec émotion celle qu'il avait aimée, celle-ci se dressa soudain. Elle était persuadée que de la voir "ressuscitée", le convaincrait de l'épouser. Munch prit la chose si mal que tout se termina par une violente dispute au cours de laquelle un coup de revolver fut tiré. Munch fut atteint à la main gauche et perdit une phalange. Sa vision de la femme, incarnation du mal, n'était désormais que davantage justifiée. Il ne se maria jamais malgré toutes les autres femmes qu'il connut après. Non sans raison, Munch considéra son hospitalisation "comme la conclusion d'une période" de sa vie.Mais, avec une grande lucidité, il avait écrit aussi: "Ces faiblesses que je conserverai, elles sont une part de moi-même. Je ne voudrais pas rejeter ma maladie, car mon art lui est pour beaucoup redevable. "

On est début 1909. Après six ou huit mois d'hospitalisation, suite à une dépression nerveuse, Edvard Munch sort de la clinique neurologique du professeur Jacobson à Copenhague. De son hospitalisation il nous laisse quelques traces. Sur une caricature, il s'est représenté assis près d'une table sur laquelle il y a deux appareils électriques. Une infirmière (sans doute l'assistante du professeur, Mademoiselle Schacke, dont il trace un joli profil: L'Infirmière) passe au professeur Jacobson un des fils partant de ces appareils. Jacobson, à son tour, en applique l'extrémité sur la tête du peintre. Trois lignes manuscrites du peintre accompagnent le dessin: "Le Professeur Jacobson électrifie le fameux peintre Munch, et apporte une force positive masculine et une force négative féminine à son fragile cerveau." Munch est guéri. Depuis cette date il mènera plus ou moins une vie paisible, mais il ne peindra plus jamais comme avant. Mais s'il écrit que "Sans la peur et sans la maladie ma vie serait comme un bateau sans rames" c'est que les sources de son angoisse et donc, de son art, sont fortement ancrées déjà dans son enfance.

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"Le Cri" - de Edvard Munch (1893). Cette œuvre, symbolisant l'homme moderne emporté par une crise d'angoisse existentielle, est souvent considérée comme la plus importante de l'artiste.Ce tableau,est probablement l'œuvre la plus reproduite dans l'histoire de l'art.


Munch a noté le moment de l'origine de l'émotion de ce tableau vécu probablement à Nordstrand en Norvège: "Je longeais le chemin avec deux amis - c'est alors que le soleil se coucha - le ciel devint tout à coup rouge couleur de sang - je m'arrêtai, m'adossai épuisé à mort contre une barrière - le fjord d'un noir bleuté et la ville étaient inondés de sang et ravagés par des langues de feu - mes amis poursuivirent leur chemin, tandis que je tremblais encore d'angoisse – et je sentis que la nature était traversée par un long cri infini".

C'est une composition qui appartient au domaine de l'art figuratif . Elle possède un point de fuite situé à gauche et une grosse bande verticale le long du tableau à droite. On peut donc déduire le sens de lecture de droite vers la gauche. Le spectateur est inclus dans le tableau en se trouvant devant le personnage central ce qui nous donne l'impression de vivre la scène.On peut distinguer plusieurs parties distinctes sur ce tableau.En premier la partie inférieure gauche du tableau. C'est elle qui donne le point de fuite grâce à la barrière et au sol du pont qui sont peint de façon rectiligne. Au niveau du point de fuite on aperçoit deux ombres représentant des personnes qui semblent s'éloigner du personnage central (représentant l'artiste d'après la note associée à l'œuvre). On retrouve dans cette partie des couleurs rougeâtres assez sombre.

Ensuite le ciel contrairement à la partie précédente est extrêmement sinueux les courbes sont horizontales et en le regardant on comprend aisément l'expression "langues de feu" que l'artiste a employé. Enfin la partie centrale de l'œuvre qui illustre le fjord, le précipice situé à droite et les montagnes au fond. Celle ci comme la partie précédente est extrêmement sinueuse mais ici les courbes sont verticales et nous donnent une impression de vertige. Cette zone centrale crée un contraste de couleur entre le bleu sombre du fjord qui vient choquer contre le rouge ardent du ciel qui est appuyé par l'alternance des courbes.

On peut remarquer que l'artiste a échangé les couleurs du ciel et de la terre comme pour troubler le spectateur et appuyer la sensation de « cri » déjà représenté par toutes ces courbes qui déforment l'image. Le fjord est tellement courbé qu'il en tombe dans le précipice à droite de l'image. On ne semble pas pouvoir échapper au cri de la Nature, à moins de se boucher les oreilles; ce que fait le personnage central . Le spectateur ne peut échapper au vertige des courbes: à droite la barre verticale à gauche le point de fuite. Ce vertige s'exprime de l'angoisse provoquée par le personnage central, comme le pressentiment d'un malheur que les deux personnages à l'arrière-plan semblent ignorer.

Le personnage central est représenté vraiment étrangement, on dirait qu'il est déjà mort, une sorte de mélange entre un fantôme dont le corps ondule et flotte dans les airs et un squelette ou un cadavre de par sa tête qui semble être dépourvue de cheveux, ses yeux qui semble creux et sa bouche grand ouverte. Sa bouche semble penser qu'il est en train de crier lui aussi pourtant en même temps il se bouche les oreilles. Ce qui pourrait nous faire penser à une sorte de cri intérieur que l'artiste a essayer de représenter en se représentant de cette façon. Un cri pour montrer sa peur de la maladie et de la mort et par la même occasion de sa solitude d'où l'éloignement par rapport aux autres personnages. On pourrait aussi renforcer l'idée de la mort par la position à gauche des hommes et à droite du précipice (l'enfer) et de la barre verticale marquant un arrêt : la mort.

Enfin on peut remarquer qu'aucune partie de ce tableau est complètement claire et nette, on a l'impression qu'un flou est présent sur toute l'image. Autant les personnages au loin que les bateaux, le village ou même que le personnage central du premier plan. Ce qui peux renforcer l'idée de la peur de la maladie de l'artiste qui était atteint d'une hémorragie du vitré. On peut donc dire que ce tableau d'Edvard Munch de part son angoisse qu'il suscite ne peux pas laisser le spectateur indifférent. Il faut d'ailleurs savoir que l'artiste l'a représenté d'une cinquantaine de façon différentes et que c'est une œuvre qui a été préceptrice de l'impressionnisme.


Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /Déc /2009 19:07
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RUE MOUFFETARD
PARIS

- photo Vasil Qesari -



La rue Mouffetard est une rue du 5e arrondissement de Paris. Il s'agit d'une des rues les plus anciennes de Paris, probablement tracée du temps des Romains au Ier siècle. Très pittoresque, c'est l'un des axes du quartier latin les plus fréquentés en raison de ses nombreux restaurants. Longue de 650 mètres, elle descend en pente douce de la montagne Sainte-Geneviève vers l'église Saint-Médard.Les premières indications de ce qui deviendra la rue Mouffetard remontent à la période romaine au Ier siècle.C'est au XIIIe siècle un simple chemin qui portait le nom de Mons Cetarius ou Mons Cetardus, en français "Mont-Cétard", nom qui se transformera par la suite en Mouffetard. Jusqu'au milieu du XIXe siècle, la rue Mouffetard traversait la Bièvre près de l'église Saint-Médard et remontait au sud jusqu'à la barrière d'Italie (actuelle place d'Italie). Elle avait alors une longueur de plus de 1 500 mètres et faisait partie du 12e arrondissement de l'époque. Les travaux d'Haussmann l'ont amputée de sa partie la plus au sud pour construire à la place l'avenue des Gobelins. La rue Mouffetard semble dévouée à une gloutonnerie farouche. Elle transporte sur des dos, sur des têtes, au bout d'une multitude de bras, maintes choses nourrissantes aux parfums puissants. Tout le monde vend, tout le monde achète. D'infimes trafiquants promènent leurs fonds de commerce dans le creux de leurs mains : trois têtes d'ail, ou une salade, ou un pinceau de thym. Quand ils ont troqué cette marchandise contre un gros sol, ils disparaissent, leur journée finie. Le quartier Mouffetard était devenu aussi le lieu d'exil des poètes et le refuge des marginaux. Victor Hugo viendra chercher à la rue Mouffetard, l'ambiance de ce vieux Paris pour écrire les Misérables. Actuellement,le quartier se caractérise par une grande diversité de commerce et une ambiance populaire.


(les photos sont de Vasil Qesari)


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Par SIMBAD - Publié dans : DIVERS ( Te ndryshme )
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Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /Déc /2009 18:52
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Le grand peintre
Onuphre
de Néokastra



Au cours du moyen âge jusqu'à l'invasion turque, à quelques exceptions près, l'Albanie faisait partie de l'Empire byzantin. De même, il faut tenir compte de ce que l'Eglise en Albanie, dans sa majeure partie, a été du rite oriental. Par l'intermédiaire de l'Eglise, dans l'Albanie médiévale, en même temps que la langue des cérémonies liturgiques en grec, aussi la littérature religieuse laissa son empreinte, au même titre que l'architecture et la peinture. Il faut reconnaître que le trésor artistique réalisé par le peuple albanais au cours du moyen âge, notamment dans l'iconographie et dans l'enluminure, est extrêmement réduit par suite des circonstances historiques très difficiles. En Albanie, dans le domaine des arts figuratifs, les productions médiévales les plus anciennes, qui ont survécu jusqu'à ce siècle, sont celles des manuscrits religieux à enluminures, qui commencent des codes du IXe siècle et continuent jusqu'au XIVe siècle, à l'exception du code du VIe siècle qui est le plus vieux et qui est connu dans la littérature spécialisée sous le nom de "Codex Beratinus purpureus".

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Les icônes d'Albanie du XII-XIIIe siècle se caractérisent par le style calligraphique byzantin et par une belle construction artistique, aussi bien dans l'ensemble de la composition que dans le modelage des détails, dans leur minutie. A la domination ottomane, lorsque l'économie était en détresse, il n'était pas possible de bâtir de grandes églises et de les parer de peintures murales. Probablement pour éviter l'absence des scènes des festivités dans les quelques églises pauvres et petites qu'on bâtissait, le clergé cherchait à peindre les scènes sur de petites icônes et on se mit à placer celles-ci sur les iconostases des chapelles qui ont été les premiers édifices du culte après cette domination. Les icônes du XIVe siècle conservées jusqu'à nos jours sont celles de Berat et de Korçë. Les figures de ces icônes, dans leur structure, ont pour caractéristiques principales, en général, presque les traits connus dans l'iconographie byzantine.

C'est du même style que sont toutes les icônes d'Albanie du XIVe siècle; toutefois, par suite des traits plus intéressants qu'on remarque dans la plastique avancée de la silhouette harmonieuse, dans le regard puissant des grands yeux aux sourcils hauts, qui captivent le spectateur, la figure de Saint Michel de Mborje, grandeur nature, s'impose par sa beauté artistique, ne manque pas de frapper l'observateur. En effet, cette œuvre peut être considérée comme l'une des plus belles productions artistiques dans toute la création artistique de Byzance en général au cours du XIVe siècle.

Dans ces icônes du XIVe siècle d'Albanie, on remarque également des particularités locales, qui les varient notablement de la production iconographique des autres pays. Malgré les circonstances très difficiles de la domination étrangère, le peuple albanais se reprit graduellement et, vers le milieu du XVIe siècle, il commença de nouveau à développer ses traditions sur le plan culturel et artistique. A cette époque, en Albanie apparaissent de nouveau les peintres albanais avec leur activité artistique aussi bien dans la peinture murale que dans l'iconographie. Le premier parmi les peintres albanais qui apparut pendant cette époque historique, ce fut Onuphre de Néokastra (Elbasan), avec une activité artistique authentique aussi bien dans la peinture murale que dans l'icône. Après Onuphre apparaissent d'autres peintres, tels Nicolas, fils d'Onuphre, Jean, collaborateur de Nicolas en peinture, et d'autres peintres anonymes, qui ont tapissé les parois des édifices du culte dans plusieurs régions de l'Albanie.

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Avec la production d'Onuphre et de son fils Nicolas commencent à apparaître des ensembles de petites icônes des iconostases qui continuent à se multiplier graduellement au cours des siècles par les peintres albanais postérieurs. Abstraction faite des peintures murales d'Onuphre, parmi les créations de ce peintre éminent d'icônes, nous connaissons, conservées jusqu'à nos jours en Albanie, les icônes de l'iconostase de l'église de l'Evangélisme et celles de l'iconostase de l'église Saint-Démètre; parmi celles de son fils Nicolas nous ne connaissons que les petites icônes de l'église de Vlaherne. Ces églises se trouvent, toutes trois, dans la citadelle de Berat. La peinture d'Onuphre voit le jour et se développe dans le sillage de la tradition du grand art byzantin, mais le puissant talent de ce maître, sous l'influence des idées nouvelles engendrées par les circonstances politiques du pays et les brillantes réalisations de l'art occidental de l'époque, modifie les normes dictées d'avance de la vieille peinture byzantine et introduit des éléments de la vie active.

Onuphre réussit ainsi à créer son art propre, aux traits individuels, un art pénétré d'un esprit de tendance réaliste, avec dei réalisations qui, sur le plan artistique, atteignent des sommets élevés d'un intérêt particulier. Le style artistique d'Onuphre, avec sa haute précision, a exercé une profonde influence et il a été suivi par tous les peintres apparus plus tard, par son fils Nicolas et d'autres. Il se créa ainsi en Albanie un courant artistique aux réalisations éclatantes, mais dans les circonstances très difficiles qui suivirent, ce courant ne put ni continuer ni se développer. Au cours du XVIIe siècle, les iconographes albanais, avec leur créations artistiques, ont décoré d'icônes un grand nombre de monuments en Albanie centrale et méridionale; à Berat, Voskopoje, Vithkuq, Lubonje, Postenan, Radove, dans la région de Lunxherie et ailleurs. Dans les icônes du XVIIIe siècle, qui sont nombreuses, on aperçoit le sillage de la tradition artistique byzantine, qui à la longue se banalisait, bien qu'on y remarque des éléments de l'époque, qui traduisent le niveau artistique.

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A cette époque-là, on a, en Albanie, des icônes d'ateliers artisanaux, qui déploient des efforts pour imiter à leur façon des icônes du style byzantin. Ces icônes sont caractérisées par un style naïf, mais d'intérêt historique et attrayant par leur naïveté même. Le XVIIIe siècle est caractérisé en Albanie par une reprise assez intense sur le plan économique et social, par l'essor du commerce des villes, par la construction de nombreux établissements du culte et par leur agrémentation de productions d'art de tout genre. Historiquement on sait que, à cette époque, on assiste à une consolidation des positions des féodaux albanais et à un certain apaisement du pays. Parmi ces peintres citons les plus éminents: David Selenica, de Selenice de Kolonje, Constandin Shpataraku, de Shpat d'Elbasan, Constandin et Athanase Zografi avec leurs fils, originaires de Potkozhan de Mokër, Georges et Jean Çetiri, avec leurs fils et leurs petits-fils originaires de Lavdar d’ Opar, Nicolas Guga, originaire d'un village de Myzeqe.

Les icônes des peintres albanais du XVIIIe siècle en Albanie, que nous avons appelés de l'école locale de Korçë, comme cela est constaté en général pour toute la peinture de ce siècle, outre la tradition locale, reflètent des influences nombreuses de la peinture du Mont Athos et de l'art occidental de l'époque. Chez les peintres Constantin et Athanase Zografi on remarque aussi des influences du style baroque. Il y a également quelques icônes d'école crétoise. De ce nombre on peut considérer d'un intérêt particulier l'icône de Constantin Shpataraku "Saint Jean-Vladimir", qui conserve, néanmoins, une intégrité plus classique.. On y voit s'entremêler des éléments du jour, des hommes vêtus à la mode occidentale du XVIIIe siècle et d'autres, mélangés avec des éléments anciens de la tradition byzantine et de la légende de ce saint. Mais l'icône présente un intérêt historique car, entre autres, s'y trouve reproduite pour la première fois le prince albanais du XIVe siècle, Charles Topia.



Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /Déc /2009 18:41
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Edward Munch. Nuit à St Cloud, 1890

LES FENÊTRES

Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Il n'est pas d'objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu'une fenêtre éclairée d'une chandelle. Ce qu'on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie. Par-delà des vagues de toits, j'aperçois une femme mûre, ridée déjà, pauvre, toujours penchée sur quelque chose, et qui ne sort jamais. Avec son visage, avec son vêtement, avec son geste, avec presque rien, j'ai refait l'histoire de cette femme, ou plutôt sa légende, et quelquefois je me la raconte à moi-même en pleurant. Si c'eût été un pauvre vieux homme, j'aurais refait la sienne tout aussi aisément. Et je me couche, fier d'avoir vécu et souffert dans d'autres que moi-même. Peut-être me direz-vous: "Es-tu sûr que cette légende soit la vraie?" Qu'importe ce que peut être la réalité placée hors de moi, si elle m'a aidé à vivre, à sentir que je suis et ce que je suis?

Charles Baudelaire - Le Spleen de Paris
Repris en 1864 sous le titre 'Petits poèmes en prose'


Baudelaire, premier poète de la modernité, a considérablement élargi le champ de l'expérience poétique. Il a développé la faculté de reconnaître dans la banalité du réel une mystérieuse beauté jusqu'alors inconnue, à l'image de la phrase « J'ai pétri de la boue et j'en ai fait de l'or » extraite des Fleurs du mal. Dans ses poèmes, il s'est fait homme de la rue, voyeur et voyant et a exploré les voies qui peuvent transfigurer des objets quotidiens en éléments mystérieux qui ouvrent la voie vers l'idéal. Le poème « les fenêtres », extrait des petits poèmes en prose parus en 1869, est essentiel puisqu'il permet au poète de nous faire part du processus de la création poétique qui passe par l'identification et comporte un effet libérateur pour le poète. Tout d'abord, dans ce poème en prose se met en place un paradoxe : l'éloge des fenêtres fermées par opposition aux fenêtres ouvertes. Par ailleurs, le poète explique cette préférence par le pouvoir bien plus évocateur et élévateur des fenêtres fermées.

***
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Edvard Munch. Weeping Nude, 1913.


(traduit en albanais par Vasil Qesari)

DRITARET

... Ai që vrojton nga jashtë, për të mësuar se ç’ndodh pas një dritareje të hapur, s'arrin të marrë vesh kurrë aq shumë gjëra, se sa ai që arrin të shohë matanë një dritareje të mbyllur. Nuk ka objekt më të thellë, më misterioz, më intrigues, më të errët e më verbues, se sa një dritare e ndriçuar zbehtë nga drita e mekur e qiririt. Ajo që arrijmë të shohim mes dritës së diellit, është gjithmonë më pak interesante se sa ajo që ndodh pas xhamave të një dritareje. Në atë katror të errët e njëkohësisht të ndritshëm, jeton vete jeta, ëndërron jeta, vuan jeta... Në një dritare të tillë, nenë harkun valë-valë të çatisë, une shoh një grua të varfër, të moshuar, me rrudha, e cila nuk del kurrë jashtë, por rri gjithmonë përkulur mbi diçka. Nga fytyra, veshja, lëvizjet e gjestet e saj, pa ditur pothuajse asgjë tjetër, kam arritur të njoh historinë apo me mire të them legjendën e saj, të cilën më ndodh shpesh t’i a rrëfej vetes duke qarë... E, them se, sikur të kisha qenë edhe unë një plak i tillë i gjorë, do kisha dashur të kisha bërë të njëjtën jetë si te saj. E, kështu, pastaj, vete e bie të fle, krenar që kam jetuar e vuajtur në dhimbjen e të tjerëve. Ndofta, ndonjë nga ju do pyesë: Po, ti, nga je i sigurtë që ajo çka perfytyron te jete e vërtetë?... Por,ç’rëndësi ka e vërteta që ndodh jashtë meje në se ajo, me historinë e saj më ka bërë të jetoj, të ndjej që ekzistoj e të di se kush jam ?...

Sharl Bodler

Jeudi 17 décembre 2009 4 17 /12 /Déc /2009 12:09

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Alfred de MUSSET

(1810-1857)

...Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches. Toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées. Le monde est un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange. Mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompés en amour, souvent blessés et souvent malheureux; mais on aime. Et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière et on se dit : "J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui “ ...

Alfred de Musset
On ne badine pas avec l’amour/ Acte II, scène 5 (1834)

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- photo de Vasil Qesari -

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Alfred de MUSSET
(1810-1857)

(traduction en albanais par Vasil Qesari)

...Gjithë burrat janë gënjeshtarë, të paqëndrueshëm, fallco, llafazanë, hipokritë, sedertarë dhe të poshtër. Gjithë gratë janë të pabesa, artificiale, vanitoze, kurioze dhe të shthurura. Bota është një gjiriz i pafund ku foka me forma nga më të çuditshmet hiqen zvarrë mes malesh prej lluce. Por ka në botë një gjë të shenjtë dhe sublime e cila është bashkimi i dy prej këtyre qenieve kaq mëkatare e të frikshme. Jemi zhgënjyer shpesh në dashuri, jemi plagosur e ndjerë shumë herë fatkeqë; por ama gjithmonë kemi dashuruar. E, kur kur ka ardhur koha të ndodhemi buze varrit, kemi kthyer kokën pas dhe i kemi themi vetes: “Kam vuajtur shumë herë, shpesh jam zhgënjyer, por megjithatë kam dashuruar. Jam unë ai që kam jetuar jetën time e jo një krijese e rreme krijuar prej sedrës dhe mërzitjes sime ” ...

Alfred dë Mysé
S’behet shaka me dashurinë/Akti II, skena 5 (1834)


Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /Déc /2009 16:26
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EROS - (Eρως)


Sigmund Freud nomme "éros" la pulsion de vie qui, selon lui, habite chaque être humain. Il l'oppose à la pulsion de mort, ou pulsion de destruction ou "thanatos". Ces deux pulsions fondamentales ne peuvent être pensées séparément, elles œuvrent toujours ensemble, en une sorte d'amalgame, et sont indissociables.

Dans la mythologie grecque, Éros (en grec ancien Eρως / Erôs) est le dieu de l’Amour. Dans la 'Théogonie' d’Hésiode, Éros constitue, avec Chaos, Nyx, Gaïa et Érèbe une des cinq divinités primordiales1. Il est beau, immortel, 'dompte l'intelligence et la sagesse. Dans la théogonie des 'Rhapsodies', qui est la théologie orphique, Éros est à l'origine de la création. Il nait de l'œuf cosmique issu de l'union de l'Éther et du Chaos. À la fois mâle et femelle, il a de nombreuses têtes d'animaux. Il engendre Nyx (la Nuit) et le monstre Échidna. Il est nommé Phanès, mais aussi Protogonos, Èrikèpaios et Métis. Dans ‘Les Oiseaux’ d’Aristophane, Éros naît aussi de l'œuf, issu de la Nuit aux ailes noires. Il a deux ailes d'or et engendre, avec Chaos ailé et ténébreux, la race des Hommes, avant même celle des Immortels.

***

D’après Platon : l'Éros ne réside pas seulement dans l'âme mais aussi dans la beauté, "dans les corps de tous les animaux, dans les productions de la terre, en un mot, dans tous les êtres". Aristophane parle de la puissance de l'Éros et du mythe de l'androgyne (il y a trois sexes originels : le masculin, produit par le soleil, le féminin par la terre et l'androgyne, celui qui est composé des deux autres, par la lune). Éros est la force qui pousse les moitiés les unes vers les autres après leurs séparations par les Dieux. Pour Socrate, Éros est amour de quelque chose : c'est l'amour de la beauté. Comme tous les démons, c'est un intermédiaire entre les hommes et les Dieux, entre la condition de mortel et celle d’immortel. Il apporte"au ciel les prières et les sacrifices des hommes" et rapporte "aux hommes les ordres des dieux et la rémunération des sacrifices qu’ils leur ont offerts".

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Platon distingue deux types d'éros : l'éros vulgaire, fils de l’Aphrodite vulgaire, qui pousse "les hommes à la légèreté et au libertinage", et l'éros céleste, né de l’Aphrodite céleste, qui est la voie permettant le passage du sensible au suprasensible, du monde inférieur au monde supérieur, du monde matériel au monde des idées.. Ce passage s'effectue toujours dans le même sens : du bas vers le haut, puisque le monde des idées ne peuvent agir sur celui des sens. L'Éros platonicien n'est ni purement divin ni uniquement humain, il est quelque chose d'intermédiaire, un grand démon, permettant d'éveiller dans l'âme, comme la braise sous la cendre, l'attrait de l'âme vers le monde supérieur. Ou autrement dit la beauté de ce monde a pour rôle d'éveiller l'éros dans l'âme pour qu'elle parvienne à la beauté suprasensible et céleste.

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'La mise en tombeau d'Atala' de Anne-Louis Girodet


THANATOS - Θάνατος

En psychanalyse, Sigmund Freud nomme "thanatos" la pulsion de mort qui, selon lui, habite chaque être humain. Il l'oppose à la pulsion de vie, "éros". Aristophane parle de la puissance de l'Éros et du mythe de l'androgyne (il y a trois sexes originels : le masculin, produit par le soleil, le féminin par la terre et l'androgyne, celui qui est composé des deux autres, par la lune). Éros est la force qui pousse les moitiés les unes vers les autres après leurs séparations par les Dieux.

Dans la mythologie grecque, Thanatos (en grec ancien Θάνατος / Thánatos) est la personnification de la Mort. Selon Hésiode, il est le fils de Nyx (la Nuit), qui l'avait conçu avec Érèbe (les Ténèbres). Thanatos est également le frère jumeau d'Hypnos la personnification du Sommeil. Ennemi implacable du genre humain, il a fixé son séjour dans le Tartare, selon Hésiode, devant la porte des Enfers, selon d'autres poètes. C'est en ces lieux qu'Héraclès l'enchaîna avec des liens de diamant, lorsqu'il vint délivrer Alceste. Thànatos était rarement nommé en Grèce, car la superstition craignait de réveiller une idée fâcheuse, en rappelant à l'esprit l'image de la destruction. Les Éléens et les Lacédémoniens l'honoraient d'un culte particulier,mais on ne sait rien concernant le culte qu'ils lui rendaient.

***
Les Romains lui élevèrent aussi des autels. Thanatos avait un cœur de fer, des entrailles d'airain et une âme de bronze. Les Grecs le représentaient sous la figure d'un enfant noir avec des pieds tordus, et caressé par la Nuit, sa mère. Quelquefois ses pieds, sans être difformes, sont seulement croisés, symbole de la gêne quand les corps se trouvent dans la tombe.Cette divinité apparaît aussi sur les sculptures anciennes avec un visage défait et amaigri, les yeux fermés, couverte d'un voile, et tenant, comme le Temps, une faux à la main. Cet attribut semble signifier que la vie est moissonnée comme le blé.

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(photo Vasil Qesari)

Dimanche 13 décembre 2009 7 13 /12 /Déc /2009 19:44
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- photo de Vasil Qesari -


DÉJEUNER DU MATIN

Il a mis le café
Dans la tasse
Il a mis le lait
Dans la tasse de café
Il a mis le sucre
Dans le café au lait
Et il a reposé la tasse
Sans me parler
Il a allumé
Une cigarette
Il a fait des ronds
Avec la fumée
Il a mis les cendres
Dans le cendrier
Sans me parler
Sans me regarder
Il s'est levé
Il a mis
Son chapeau sur sa tête
Il a mis
Son manteau de pluie
Parce qu'il pleuvait
Et il est parti
Sous la pluie
Sans une parole
Sans me regarder
Et moi j'ai pris
Ma tête dans ma main
Et j'ai pleuré.

Jacques Prèvert

Dimanche 13 décembre 2009 7 13 /12 /Déc /2009 19:32
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Simbad le Marin en photographiant le cénotaphe de Charles Baudelaire au cimetière du Montparnasse.




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Les poèmes de l'artiste sont comme des germes de soleils qui illuminent les cœurs des lecteurs pour l'éternité !


LE TOMBEAU
DE
CHARLES BAUDELAIRE


Gisant, sans plus gémir, émir des rimes riches
Te voici là sans vie, sans visage, sans âge
Jongleur de la métrique, génie de l'hémistiche
J'ai fait dans tes poèmes tout mon apprentissage

Tu savais être sombre sans sourciller d'un cil
La mort te rendait fort, la mort dans ton visage
Elle devenait putain du mystère indocile
Et de la beauté nue des ivresses de voyage

Te voici donc ici, Ô Charles Baudelaire
Tu reposes au milieu des croix du Mont Parnasse
Entouré de tes muses qui enchantent les airs
De leur bouches fleuries harmonieuses grâces

Je me penche vers toi, compagnon d'écriture
Je te dédie ma vie, je te dédie mes vers
Tu es toujours vivant sublime pourriture
Je te salue ami dans ton tombeau ouvert.

(de Panis Angelicum)



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(photo de Vasil Qesari)



Par SIMBAD - Publié dans : CHARLES BAUDELAIRE
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