Mercredi 21 décembre 2011 3 21 /12 /Déc /2011 21:37

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Et tu bois cet alcool brûlant comme ta vie,
Ta vie que tu bois comme une eau de vie

Avant de trouver, en octobre 1912, son titre définitif "Alcools", Apollinaire avait songé à intituler son recueil "Eau de vie". Bien que moins "moderne" d’allure, le simple substantif pluriel d’Alcools est à coup sûr plus riche de virtualités, plus fort, plus résolu pourrait-on dire. Il se démarque en effet a...ussi bien de "l’eau-de-vie" évoquée par Rimbaud dans "bonne pensée du matin" que des multiples ivresses évoquées par Baudelaire dans "Les Fleurs du mal" ou "Le Spleen de Paris". Alcools résonne comme une désignation abrupte, délivrée des pathologies morales dépressives qui avaient jusqu’alors accompagné aussi bien les ivresses baudelairiennes que la verlainienne absinthe ou les rimbaldiennes "taches de vin bleu" mêlées de "vomissures".

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