Samedi 22 janvier 2011 6 22 /01 /Jan /2011 16:10

Radovan-Ivsic.jpg

La fille de Beyrouth
(photo Vasil Qesari)

DE TOUT

De tout ce que je sais
Et que je sais que tu sais
De tout ce que je vois
De tout ce que j’entends
Quand j’écoute ton cœur
De tout ce que tu me dis
Et que j’aime tellement
De tout ce qui se passe
Quand tu fermes les yeux
De tous les rêves
De toutes les étoiles
De tous les nuages
De tout cela sais-tu
Ce qui me réjouit encore plus ?

De tout cela ce qui me réjouit encore plus
C’est que je sais que tu sais
Parce que tu le sais et je le sais aussi
Tu sais que tu m’aimes
Et je sais que je t’aime.

Radovan Ivsic
(1921-2009)
Poèmes

Poète et auteur dramatique, né en 1921 à Zagreb, Radovan Ivsic a réussi à être interdit aussi bien pendant l'occupation allemande que par le régime titiste. C'est en effet en 1945 que les chantres du réalisme socialiste, renforcés par les premiers surréalistes yougoslaves tour à tour devenus staliniens et/ou titistes, lui ferment pour trente ans les portes du théâtre. Sa poésie connaît le même sort, bien que son poème, Narcisse, ait été saisi en 1942 par le régime oustachi comme symbole de l'art décadent. Du coup, il devient essentiellement traducteur, non seulement des Confessions de Jean-Jacques Rousseau, du Dom Juan de Molière, mais aussi de Maeterlinck, Marivaux, Mérimée, Apollinaire, Giraudoux, Ionesco, Breton, Césaire...En tant qu'auteur dramatique, il a écrit, entre 1941 et 1956, de nombreux textes de théâtre dont le plus connu est Le Roi Gordogane (1943), cité par André Breton comme une date notable dans les éphémérides surréalistes. On lui doit également parmi d'autres Pouvoir dire ou Aiaxaia. En 1954, il parvient cependant à gagner Paris où, sur l'invitation d'André Breton et de Benjamin Péret, il a participé à toutes les manifestations du mouvement surréaliste. À partir de là, il écrit presque exclusivement en français. Avec les années 1970, l'oeuvre de Radovan Ivsic est peu à peu "réhabilitée" en Yougoslavie sous la pression des jeunes générations qui choisissent même le nom d'une de ses pièces, Gordogane, pour titre de leur revue. Un peu avant la publication de son théâtre, paraît, en 1974, Crno, un important choix de ses anciens poèmes.C'est par cet ensemble, augmenté de ses textes poétiques écrits à Paris, que commence la publication en français de l'oeuvre de Radovan Ivsic.

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