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"Je n'ai pourtant jamais trouvé ce que j'écris dans ce que j'aime"
Paul Éluard



ELLE SE PENCHE SUR MOI

Elle se penche sur moi
Le cœur ignorant
Pour voir si je l’aime
Elle a confiance elle oublie
Sous les nuages de ses paupières
Sa tête s’endort dans mes mains
Où sommes-nous
Ensemble inséparables
Vivant vivants
Vivant vivante
Et ma tête roule en ses rêves.

(L’Amour la poésie —1929)


L'idée que l'on peut se faire en secret de la poésie ne limite pas forcément celle-ci. Mais comme les rêves inavouables elle risque de causer des troubles de mémoire et d'empêcher la formation régulière d'un monde supérieur à celui où l'oubli est utile à la conservation prudente de l'individu. Il faut effacer le reflet de la personnalité pour que l'inspiration bondisse à tout jamais du miroir. Laissez les influences jouer librement, inventez ce qui a déjà été inventé, ce qui est hors de doute, ce qui est incroyable, donnez à la spontanéité sa valeur pure. Soyez celui à qui l'on parle et qui est entendu. Une seule vision, variée à l'infini. Le poète est celui qui inspire bien plus que celui qui est inspiré.

(Paul Eluard - Ralentir travaux, 1930)

Jeu 28 jan 2010 1 commentaire
bien et joliment dit.
bonne journée
reinette - le 29/01/2010 à 11h57
Merci Reinette !
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